CHAPITRE DOUZIÈME
Les « scriptoria » des églises de l’ouest
Les monastères de Bretagne en relations habituelles avec ceux de l’Irlande ont pu produire comme eux des livres ; mais nous ignorons souvent si les manuscrits possédés par les églises bretonnes ont été exécutés par elles ou ont été importés d’Irlande. Quand certainement le livre a été fait à l’usage d’une église bretonne, il est vraisemblable qu’il a été exécuté en Bretagne, mais il a pu l’être par des scribes venus d'Irlande ou de Cornouailles.
Un certain nombre de manuscrits liturgiques qui ont survécu sont certainement d’origine bretonne. L’Évangéliaire du trésor de Tongres provient de Bretagne, comme l'indique une note finale du manuscrit. Par le style ornemental il se rattache à un groupe de manuscr’f précarolingiens, dont quelques-uns proviennent de la même région, comme le montrent des souscriptions de copistes et des indications de localité 1. D’autres manuscrits peuvent être attribués à un scriptorium breton, en raison de particularités liturgiques. Il a subsisté un manuscrit des Évangiles suivi d’un « Cornes » ou calendrier de lectures pour les fêtes de l’année, qui a été écrit pour le monastère de Saint- Winwaloe à Landevennec et qui peut être daté du IXe siècle 2. Un Sacramentaire du XIe siècle, où sont invoqués saint Samson qui est dit « patronus noster » à l’occasion de sa translation, ainsi que saint Calais et saint Malo, paraît provenir de la région de Dol 3, comme un autre Sacramentaire qui met en vedette les noms des saints