SCRIPTORIUM )) DE SAINT-PÈRE DE CHARTRES
écrit Robert, sans doute le nom du scribe. On lit à la suite que le livre appartient à Saint-Père et anathème est jeté sur le voleur 1. Un Sacramentaire de Saint-Père du même âge est, lui aussi, illustré assez grossièrement 2. Un exemplaire du traité de saint Augustin sur la Trinité, écrit au Xe siècle, renferme la note « Amalbertus me fecit » 3. Il est vraisemblable que ces écrivains sont des moines de Saint-Père, écrivant dans leur propre scriptorium. C’est là qu’au XIe siècle, le Vêtus Agano 4 a été composé, par le moine Paul, acdituus du monastère et qui avait écrit lui-même, en qualité de notarius, plusieurs des chartes originales qu’il a reproduites dans son ouvrage 5.
Un manuscrit des Évangiles du XIe ou XIIe siècle 6, en provenance de Saint-Père ainsi qu’un recueil de pièces relatives à Notre-Dame7, qui provient delà cathédrale, montrent qu’à cette époque, des scribes chartrains copiaient des livres liturgiques et les illustraient peut-être sur d’anciens modèles tourangeaux 8.
Il subsiste des fragments d’un Sacramentaire du Xe siècle exécuté à l’usage du monastère du Mont Saint-Michel ; nous ne savons s’il est l’œuvre des scribes du monastère 9.
Un manuscrit du Xe ou XIe siècle de Boëce, provenant de la bibliothèque du monastère, a été exécuté par le bon et humble prêtre Martin10 ; mais nous n’avons pas la preuve qu’il a été écrit au Mont Saint-Michel. Au contraire, Giraldus, qui a transcrit un « dulce volumen » du commentaire des psaumes de
x. B. Chartres, ms. 29, f° 244.
2. B. Chartres, ms. 577, cf. Delaporte. Les mss. enluminés de la B. de Chartres , n° XX VI, p. 9. Au début du Canon, un dessin à la plume figure le célébrant (PI. III).