SCRIPTORIUM » DU MONT SAINT-MICHEL
saint Augustin, travaille certainement à l’atelier de Saint- Michel, car il s’en proclame le modeste « alumnus » 1. Le même Giraldus a copié l’ouvrage de saint Augustin contre Faustus 2 et, en collaboration avec Vuarinus et Ramnulfus, des opuscula du même auteur 3 4. Frotmundus a écrit, à lui seul, un recueil de patristique i. Un manuscrit des Homélies de saint Grégoire, d’après l’épître dédicatoire, est l’œuvre à la fois de Gautier dit C-antor, d'Hilduin, de Scollandus et des trois Brittones, Ermenaldus, Osbernus et Nicolas 5. C’est au XIIe siècle, que la plupart de ces scribes travaillent au Mont Saint-Michel ; mais l’activité du scriptorium a dû commencer dès le Xe • siècle ; car c’est à cette époque que remonte le manuscrit de la Chronique de Saint-Michel 6 nécessairement composée et écrite au monastère. Un manuscrit du XIe siècle de la Chronique d’Adon de Vienne aurait été exécuté danse e scriptorium 7.
La miniature y est également cultivée. Un manuscrit du X-XIe des Recognitiones de saint Clément renferme une miniature qui représente un moine, le scribe sans dou'.e, offrant à saint Michel ce livre 8. Dans un manuscrit de saint Augustin du XIe ou XIIe, une miniature représente saint Michel terras- . sant le démon, une autre Augustin écrivant, inspiré par un ange 9. Le livre exécuté par Frotmundus montre saint Augustin discutant avec un hérétique 10.
On peut conjecturer que le monastère de Sa vigny au diocèse d’Avranches, qui au XIIe siècle possédait un remarquable atelier de copistes11, produisait déjà antérieurement des manuscrits. Il est précisé dans un acte de 1163 qu’il a été passé dans le nouveau scriptorium de Savigny 12. Vraisemblablement, le monastère en avait possédé un ancien, qui longtemps lui avait suffi.