SCRIPTORIUM » DR VÉGUSE DE ROUEN
Un bréviaire d’Aiaric a été écrit par Ragonardus à Bayeux en 833 b Un manuscrit du XIe ou XIIe siècle qui provient de l’église de Rouen a sans doute été exécuté par Hugues, probablement écolâtre de cette église qui, à la fin du volume, prie Dieu de lui être propice 1 2 et qui, d'après une épitaphe transcrite à la même page par une main contemporaine, a été instruit à Cambrai et enseveli à Rouen 3. Nous savons aussi qu’au XIe siècle, un chanoine de l’église de Rouen, Tetbald traduisait du latin en langue commune des vies de saints, en particulier celle de saint Wandrille et en faisait des cantilènes 4. On s’est demandé s’il n’était pas hauteur de la vie rhytmée en langue romane de saint Alexis 5, qui certainement a été composée vers le milieu du XIe siècle en Normandie 6, par un clerc ou un moine qui, peut-être, travaillait dans le scriptorium d’une église ou d’un monastère de l’ouest.
Nous sommes mieux renseignés et pour une période beaucoup plus ancienne au sujet du scrifitorium de Saint-Wandrille. A la vérité, le chroniqueur qui relate les acquisitions faites par la bibliothèque du monastère grâce aux soins des abbés Wando, Witlaic et Gervoldus 7, ne dit pas quelle est la provenance de ces nombreux manuscrits. Mais il nous apprend qu’au temps de Gervoldus, le prêtre Harduin, qui menait la vie contemplative dans une cella sise sur le versant du coteau au Nord du monastère, instruisait les alumni de Saint-Wandrille dans l’art d’écrire, où il était très entendu 8. Aussi a-t-il laissé au monastère de nombreux volumes écrits par lui-même. L’historiographe signale un exemplaire des quatre Évangiles qui existait encore au XVIIIe siècle 9 et quatorze autres manuscrits exécutés par ce prêtre. Les jeunes scribes qu’il avait formés sous Gervoldus ont sans doute travaillé sous Anségise (822-833), et on peut conjecturer que parmi les nombreux livres que cet abbé a donnés aux moines 10, un certain