TRADUCTION A SAINT-DENIS DU PSEUDO-DENIS
doute, dans le même temps où il traduisait les œuvres de l’Aréopagite, en déformant, pour les besoins de l’identification nouvelle, la vieille vie de saint Denis, dite « Gloriosae », composée au Ve siècle et récrite à. Saint-Denis au VIIIe siècle l. En 835, l’empereur l’invitait à rassembler dans un corps unique tout ce que nous apprennent sur saint Denis soit les historiens grecs, soit ses œuvres, soit enfin, ce qu’il trouvera dans les manuscrits latins, le Libellus de la passion du saint et les plus anciennes pièces de Y armarium de l’église de Paris, siège de saint Denis 2. C’est pour répondre à cet ordre qu’Hilduin, après avoir rassemblé les sources grecques et latines qu’il énumère, a composé une nouvelle vie que désigne ordinairement l’Incipit : « Post beatam ac salutiferam »3. Une autre adaptation du « Libellus antiquissimus » a été faite à la fin du IXe siècle dans la même officine 4.
La traduction des œuvres de l’Aréopagite par Hilduin a été jugée plus tard insuffisante. Scot Erigène a recommencé le travail, en travaillant sur le manuscrit, de l’empereur Michel 5 et en ayant sous les yeux le travail d’Hilduin 6. C’est évidemment par conséquent à Saint-Denis, que cette seconde traduction fut faite, cette fois sans doute sans qu’il y ait eu partage du travail. Scot Erigène, qui l’a entrepris sur l’ordre de Charles, le lui dédiait vers 860 7.
L’emploi de caractères grecs dans les anciens manuscrits conservés à Saint-Denis témoigne vraisemblablement qu’ils ont été exécutés au scriptorium du monastère. Ce n’est pas seulement, comme à Fleury, à Tours et ailleurs 8, pour faire parade d’une certaine connaissance d’une langue savante, que les scribes de Saint-Denis traçaient volontiers des caractères grecs sur les manuscrits qu’ils exécutaient. Ils rattachaient ainsi leur maison au souvenir de l’Aréopagite 9. Peut-être