ÉCRITURE CURSIVE A B DE CORBIE
formes de l’a et du b *, constitue un progrès sensible sur la scriptura Luxoviensis ou Corbeiensis, telle qu’elle était précédemment pratiquée à Corbie. Cette écriture, dite a b de Corbie, n’est probablement pas exclusivement propre aux scribes de ce monastère. Elle a sans doute été en usage aussi dans un certain nombre d’ateliers du Nord en relation avec celui de Corbie. Mais ce dernier en a été certainement le principal foyer et un centre de diffusion des manuscrits de ce type, répandus, dès cette époque, dans maintes bibliothèques ecclésiastiques ou monastiques 1 2.
Beaucoup d’ailleurs sont restés au monastère même dont le scriptorium les avait produits. On peut tenir pour certain, à défaut même d’autres marques de provenance, que les manuscrits du type a b, que conservait la bibliothèque de Corbie, ont été exécutés par les scribes de ce monastère. L’« historia tripartita », écrite sur l’ordre d’Adalhard à Noirmoutier, sans doute par des scribes corbéiens, qui l’ont suivi dans son exil, manuscrit dont chaque quaternio est d’une main différente, présente le typé a b 3, ainsi que le « Fortunat » écrit, soit à Corbie, soit à Saint-Riquier 4. Une douzaine d’autres manuscrits conservés à Corbie y ont été exécutés en la même écriture 5.
Les manuscrits du type a b se répartissent sur une assez longue période. Cette écriture a été pratiquée, au cours du VIIIe siècle et encore dans les premières années du IXe. Au temps et dans l’entourage de l’abbé Adalhard, même pendant son exil (815-821), par conséquent peu de temps avant sa mort (826), un certain nombre de scribes restaient fidèles à une écriture qui, à cet âge, représentait une manière vieillie, en opposition avec une écriture, nouvelle alors, vers
1. Sur l’écriture a b, cf. Lindsay, The old script of Corbie, dans R. des Biblioth., 1912 ; Lauer, La réforme caroling. de l’écrit, et l’école calligr. de Corbie, dans Mém. présentés par divers savants à l’Acad. des Inscr., XIII, 1933 ; Lowe, A new fragment of the a b type dans Palaeogr. lat. V.