ECRITURES PRÉCAROLINES DE CORBIE
laquelle le scriptorium corbéien s’était acheininé par une série d’étapes, au cours du VIIIe siècle.
Au scriptorium de Corbie, on ne s’est pas contenté en effet, à cette époque, de rénover la technique de l’écriture sur la base exclusive de la cursive ; la recherche d’une forme plus régulière de minuscule s’est faite aussi dans une autre direction, par combinaison d’éléments semi-onciaux avec les traits semi-cursifs. Parmi les manuscrits corbéiens où s’opère cette fusion, on a pu distinguer plusieurs phases et il se peut que les prernières séries appartiennent à une époque antérieure au développement de l’écriture a b 1.
Au stade le plus ancien remontent les manuscrits exécutés à Corbie suivant le type dit e n. Une douzaine de manuscrits conservés représentent ce type 2.
Une autre écriture corbéienne se trouve approximativement datée par le manuscrit de saint Ambroise, qui fut exécuté par ordre de l’abbé Leutcharius, lequel assista en 765 au synode d’Attigny 3. Un exemplaire des « Moralia » de saint Grégoire est probablement de la même main 4 et sort par conséquent aussi du scriptorium corbéien. Un Psautier tripartite a été exécuté suivant le même type d’écriture 5
Au cours d’un troisième stade, les manuscrits sortis de l’atelier présentent une gamme de minuscules de plus en plus voisines de la Caroline 6. La Bible écrite à Corbie sur l’ordre de l’abbé Maurdramne 7, entre 772 et 780, en a, cette fois, les traits essentiels. De cette Bible subsistent sept volumes ainsi que deux feuillets d’un huitième. Six sont de la même écriture, une minuscule droite, où l’influence insulaire