Plus haut, p
2. Treize rass. en écriture a b sont certainement issus de l’atelier de Ccrbie (plus haut , p. 217, n. 5) ; mais on verra plus loin (Chap. 22, § 1), que les mss. en écriture a b actuellement repérés sont au nombre de trente-sept et la plupart sans doute sont sortis ànscriptoriumcorhéien, Ilsubsiste d’autre part en écriture e nune douzaine de mss. (plus haut, p. 218, n. 2). En suivant la lignée qu’inaugurent ces derniers, on trouve les trois mss. du groupe Leutcharius (p. 218, n. 3-5), la douzaine de volumes qui constituaient la Bible de Maurdramme (p. 218, n.7 et 219, n. 1-2) et quatre autres (n. 3) appartenant au même groupe.
3. B. Leningrad Q v I, 15 ; cf. Dobiash, Hist. atelier Corbie, 55.
4. Cf. Lauer, La réforme carol. et l’école calligr. de Corbie, P!. VII, IX, X et Dobiash, p. 61.
MAURDRAMNE ET ADALHARD
au lecteur de prier pour lui A. Moins de vingt ans plus tard, l’abbé Maurdramne fait entreprendre au scriptorium une œuvre considérable. La Bible qu’il a ordonné d écrire et dont il subsiste en tout ou en partie huit volumes, a dû en comprendre une douzaine. Le texte dérive de celui de la Bible de l’anglo-saxon Céolfrid. Cette révision du texte sacré, entreprise longtemps avant qu’Alcuin en fît une nouvelle sur l’ordre de Charlemagne 1 2, a sans doute été exécutée par l’abbé de Corbie avec l’encouragement, sinon d’après les instructions du jeune roi 3.
L’abbé Adalhard, dans le premier quart du IXe siècle, a certainement donné vive impulsion au scriptorium de son monastère, en favorisant, peut-être, de préférence, la vieille écriture purement cursive. Il subsiste un manuscrit du traité de saint Jérôme contre Jovinien, sur lequel le copiste a apposé cette note : « Adalhardus monachus jussit fieri volumen istud. Deo gratias. » Une addition d’écriture un peu postérieure, apposée, semble-t-il, après la mort d’Adalhard, demande à Dieu pour lui les joies du Paradis (Da Dominus tanto patri requiem paradisi) 4. Une note ajoutée au manuscrit de l’Histoire tripartite nous apprend qu’il fut écrit dans l’île de Noirmoutier, sur l’ordre de saint Adalhard, au temps où il y était exilé 5. Chaque cahier de ce manuscrit, exécuté en écriture a b, est d’un scribe différent. Il est possible que chacun d’eux ait apposé son nom en marge, comme l’ont fait les moines de Tours qui ont copié le manuscrit corbéien de Tite Live ; ces noms auraient été coupés par la main du relieur. Le manuscrit est vraisemblablement l’œuvre de moines de Corbie qui ont suivi Adalhard à Noirmoutier. La note a été apposée après le retour à Corbie et la mort de l’abbé 6.
1. Me Dobiash (Un scribe corbéien au VIIIe s., dans Palaeogr. lat. V, p. 50-1) a réussi à lire la souscription du scribe qui peut être ainsi restituée : « Quisquis legis ora pro scribtorem, si Dominum Jhesum Christum habeas adjutorem. Ingreus adjuvante Domino scribsit ».