‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 337 sur 1207 · III, 3, P · texte numérisé non relu

III, 3, P

6. Sur ces religieux, cf. Traube, Préf. aux Carm. Centul., Poetae lat. III 267,

« SCRIPTORIUM » DE SAINT-RiQUI ER

afin d’en avoir leur sentiment 1. L’un d’eux, Micon 2, a composé une inscription en vers, qui devait être apposée, dans la maison des scribes, la « domu.s officii scriptorum ». Il s’agit évidemment du scriptorium de Saint-Riquier 3. En 864, il composait les Miracles de saint Riquier, dont le manuscrit original a été, semble t-il, exécuté dans le scriptorium du monastère 4. Micon recherchait un manuscrit de Fortunat, qui ne se retrouvait plus dans la bibliothèque de Saint-Riquier 5. Cet exemplaire subsiste encore ; exécuté en écriture a b, il sort peut être du scriptorium corbéien, mais a pu aussi être écrit à Saint-Riquier. C’est là, en tout cas, qu’a été ajoutée au texte du manuscrit l’épitaphe composée par Angilbert pour le tombeau de saint Caidoc 6. Nous savons aussi qu’Odulfus, sacriste (aedituus) de Saint-Riquier, a écrit un opuscule relatif aux reliques conservées au monastère 7, qu’à la fin du IXe siècle, le custode Jérémie a composé l’histoire de la translation du corps de saint Riquier transporté à Sens 8, lorsqu’en 880, à l’approche des Normands,- les moines prirent la fuite.

Ils emportèrent alors avec eux non seulement les reliques et les ornamenta de l’église, mais tous les manuscrits qui intéressaient l’histoire du monastère (scripturae quae de sancto loco confectae erant) et qui étaient évidemment sortis de son scriptorium. L’un de ces volumes, découvert au XIe siècle à Gorze par l’abbé Gervin, fut rapporté par lui à Saint-Riquier ; Hariulf a emprunté à ce livre tout ce qu’il sait des abbés Nithard, Ribbodo et Helgaud 9. Le prédécesseur de Gervin, l’abbé Enguerrand a composé un poème sur la vie et les miracles du saint 10 et un moine de Saint-Riquier a écrit la vie de cet abbé dont le manuscrit était sous les yeux d’Hariulf n. Sous

1. Chron. Centul., II, ir, p. 75. Hariulf a sans doute sous les yeux une lettre de Paschase écrite vraisemblablement à Guntlandus.

2. Sur Micon, écolâtre de S. Riquier, cf. Traube, Vorles., III, 159-60.

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