‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 362 sur 1207 · SCRIPTORIUM » DE SAINT-MARTIN DE TOURNAI · texte numérisé non relu

SCRIPTORIUM » DE SAINT-MARTIN DE TOURNAI

l’une représente sainte Rictrude, prouvent que le Lectionnaire qui les renferme a été composé à Marchiennes 1. Nous savons d autre part qu au XIe siecle le scriptorium de ce monastère était fort actif. Une équipe de trois religieux a exécuté un exemplaire des « Moralia in Job » de Grégoire le Grand ; la première partie est 1 œuvre de Thibaud, la deuxième de Fulbert, la troisième d’Amand 2. Ce dernier moine a écrit, à lui seul cette fois, un autre exemplaire du même ouvrage a. Un traité de saint Grégoire sur Ézéchiel porte aussi la souscription du frater Amandus, le plus infime des moines i 4. Un autre manuscrit est désigné par dom Godin comme étant son œuvre 5 6 et plusieurs autres encore paraissent révéler la main d’Amand r>. Le moine André écrit sous l’abbé Hugues au XIIe siècle 7. A la même époque, au monastère d’Anchin, qui vient d’être fondé, maints scribes travaillent à en constituer la bibliothèque 8.

Saint-Martin de Tournai a possédé, au moins au XIe siècle, un scriptovium très actif. Le moine Godefroid, au rapport d’un chroniqueur du monastère, fut en ce temps, un « scriptor peritissimus » et il a laissé à Saint-Martin de nombreux manuscrits écrits dans cette église 9. Le monastère s’honorait de posséder abondance de « scriptores » que le Seigneur lui avait donnés. Quand on entrait dans le cloître, on y apercevait souvent douze jeunes moines assis devant des tables et qui écrivaient en silence. Godefroid a fait ainsi écrire un tel nombre de volumes, qu’au sentiment de l’historiographe, il n’y avait pas de bibliothèque semblable dans tout le voisinage et que de tous côtés on s’adressait à elle pour emprun-

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