SCRIPTORIUM » SAINT-PIERRE DE BEAUVAIS
l’école dite franco-saxonne, à savoir le Commentaire de saint Ambroise sur l’Épître aux Romains 1 et un recueil de canons 2. Nous sommes certains que le second, qui figure dans le lot de livres donnés par l’évêque Didon, n’est pas sorti du scriptorium laonnais ; celui-ci ne peut être rangé sûrement parmi ceux où s’est développée cette école d’enluminure.
L’église de Beauvais devait, sans doute, à un scriptorium qui lui était propre, quelques-uns des livres dont elle était largement pourvue 3. Un Psautier du XIe siècle, qui provient de cette église, a été exécuté par le copiste Otlandus, obéissant aux ordres du prêtre Ragnoldus 4. Un Pontifical en lettres d’or avait été écrit sur l’ordre de l’évêque de Beauvais, Roger (998-1022) 5. Un manuscrit d’Isidore de Séville, qui est perdu et dont nous ignorons l’âge, avait été écrit par Frodhardus, sur l’ordre du custos ecclesiae 6. Il est vraisemblable que ces livres ont été écrits à Beauvais. Un Sacramentaire du Xe siècle a été à l’usage de la cathédrale de Beauvais, mais la preuve en est faite par des notes additionnelles du Xe, XIe, XIIe siècle 7 et elles marquent aussi que le manuscrit en son état primitif n’avait pas été exécuté expressément pour cette église et ne pouvait par conséquent sortir de son scriptorium.
Auprès de la cathédrale de Cambrai fonctionnait certainement, au IXe siècle, un atelier de copistes. Hincmar de Reims priait l’évêque de Cambrai, Jean, de se procurer un sermon de saint Augustin et de le lui envoyer pour qu’il le fît copier ou de le faire transcrire lui-même 8. L'église de Cambrai disposait donc, comme celle de Reims, d’un scriptorium 9.
1. B. Laon, ms. 107, Delisle, V Evangéliaire île S. Vaast, n° XIX, p. 16.