Cf. plus haut, p. 271, n
6. Une note, inscrite au XIIe siècle, sur l’un des rares manuscrits anciens de Lobbes, renfermant les œuvres de saint Fulgence (Brit. Mus. ancien fonds royal 6. A. V. 95) renferme la liste d’un petit nombre de livres avec la mention « hos bbros erupuimus incendio ». (Cf. Gessler, n. 6 de la p. 83). En 1541, un autre incendie anéantit la bibliothèque du monastère (ibid).
7. La Bible de Lobbes a survécu parce qu’expédiée au concile de Trente, elle échappa a l’incendie de 1546 ; les deux autres ouvrages, exécutés pour l’abbaye de
Stavelot, y ont été conservés: Cf. Warichez, p. 304 et 306.
8. Dans la souscription de la Bible de Lobbes; il se dit “ monarhus pane tuo (sancte Petre) vivens » (SS, XXI, p. 312, n. 51). L’auteur de la Continuatio des Gesta abb. Lob. dit de lui : « hujus coenobii monachus » (7, p. 312).
9. Cette charte porte la mention « Ego Goderannus si ripsi », Warichez, L’abb. de Lobbes, p. 229, n. 1.
10. Ancien Testament, conservé au Séminaire de Tournai : « labore manuum înearum desu lavi in sancta tua ecclesia... in Lobiensi coenobio... Perscri si anno incarn. M LXXXI1II... anno VI Arnulphi abbatis ejuslem Lobiensis coenobii». La souscription finale a été publiée dans le B. Soc. hist. Tournai, I, 270 et ri ri , XXI, p. 312, n. 51,
ri. «uii\ers>s qui înecuin laboraverunt et feeerunt ut perficeret » (ioc. cit.).
« SCRI PTORI A » LIÉGEOIS
chroniqueur de Lobbes ne signale que ce premier volume x. Mais le Nouveau Testament a été exécuté également par lui 1 2 En 1097, après quatre années de travail, aidé par un certain Emeston, il terminait l’exécution d’une Bible similaire en deux volumes, qu’il avait entreprise, pour le compte du monastère de Stavelot et qu’il dédiait à saint Pierre et à saint Rémacle 3. Le même artiste a écrit et enluminé un manuscrit de grand format, qui contenait les œuvres de Flavius Josèphe, aidé seulement par le frère Cuno, qui se contentait, d’ailleurs, de lui préparer les feuilles de parchemin 4. Le manuscrit est également dédié à saint Pierre et à saint Rémacle. Il se peut que Godéran, pour exécuter, en faveur des moines de Stavelot, ces manuscrits, se soit transporté au scriptorium de ce monastère ; mais, plus vraisemblablement, lui-même, Emeston et Cuno ont travaillé à Lobbes, avec la permission de leur abbé (pro abbatis nostri permissu), au profit d’une communauté amie et c’est pourquoi Godéran dédie son œuvre, à la fois, à saint Pierre, patron de Lobbes et à saint Rémacle, patron de Stavelot.
La région liégeoise est désignée souvent comme ayant été le foyer de l’école dite franco-saxonne. De ce pays serait sorti, dès le VIIIe siècle, le psautier double qui appartenait au comte Éverard et qui porte déjà quelques-uns des traits qui caractérisent ce style 5. Néanmoins sur l’activité qui a pu régner dans les scriptoria liégeois, nous n’avons pas de renseignements positifs, bien qu’on puisse conjecturer que les évêques de Liège, en particulier Wolbodon et Notker, se soient intéressés à l’exécution des livres. Au canon d un Sacramentaire de luxe du IXe siècle apparenté à celui de Saint-Denis, le nom de saint Lambert, patron de l’église mère de Liège, a été ajouté après coup ». On en peut conclure
1. «codicem optimum manu propria et labore perfectum beato Petro, obtulit (Goderannus), Eptatiei et regum atque prophetarum plenariam historiamcontinentem » (7, SS, XXI, 312).
2. Sur ie sort de ce second volume, aujourd’hui perdu, cf. Warichez, op. cil., P- 305, n. 2.
3. Bible de Stavelot, Brit. Mus. Addit. 28106. La souscription en a été publiée dans le Bull. Bibliophile belge, XIX, p. 273.
4. B. Bruxelles, ms. II, 1179 ; « ego peccator Goderannus sc.ribendo et frater Cuno pergamenum suum ministrando ». La souscription a été publiée dans le Bull. Biblioph. belge, IV, p. 167.
5. Cf. dom Wilmart, Le psautier de la reine n° 11, sa provenance el sa date, dans R. Bénéd., 1911, p. 369-
5, B. Vienne ms. 958, cf. Delisle, Ane. Sacramentaires, XIX, p. 106.
« SCRIPTORIA )) LIÉGEOIS
que ce livre a appartenu à l’église, que l’addition a été, faite dans le scriptorium de cette église, mais que cet atelier n’a pas produit le manuscrit. Un Sacramentaire du Xe siècle a certainement été composé à l’usage de Saint-Lambert 1. Très apparenté à un autre qui appartint à Saint-Bertin 2, il a pu sortir du même atelier ; mais nous ne savons si c’est à Liège, à Saint-Bertin, ou ailleurs qu’il faut chercher cet atelier3. Nous savons de Wolbodon, qui mourut en 1021 évêque de Liège, qu’il avait écrit de sa main un Psautier remarquable (liber psalmorum conspicuus, quem propria manu scripsit), dans lequel chaque psaume était suivi d’une prière composée par lui 4. Ce livre subsiste encore 5, car sur un Psautier du Xe siècle, où chaque psaume est en effet accompagné d’une oraison, une main postérieure a ajouté le nom de Wolbodon. Mais ce Psautier n’a pas été exécuté à Liège ; il a été écrit par Wolbodon au temps où il était écolâtre à Saint-Martin d’Utrecht et dans le scriptorium de cette église 6. Il est venu avec lui d’Utrecht à Liège et l’évêque l’a laissé au monastère de Saint-Laurent. Mention en est faite dans le catalogue dressé au XIIIe siècle des livres de ce monastère, sous la rubrique « psalterium domini Wolbodonis episcopi 7 ». La riche bibliothèque de Saint-Laurent de Liège 8 fut sans doute alimentée, en partie au moins par les scriptoria liégeois, mais nous ne possédons à ce sujet aucun renseignement précis.
Le monastère de Gembloux disposait certainement, au moins au XIe siècle, d’un scriptorium. L’abbé Olbert a fait transcrire un Ancien et Nouveau Testament 9 et a confectionné, déclare-t-il, le beau volume renfermant des traités de saint Jérôme, pour l’offrir à saint Pierre patron du monastère 10 .