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CHAPITRE XVIII

Les « scriptoria » d’Alsace et du Haut-Rhin

§ i. — Les « Scriptoria » alsaciens

L’église de Strasbourg disposait certainement, dès la fin du VIIIe siècle, d’un scriptorium 1, car l’évêque Rachion a ordonné d’écrire en 787, la cinquième année de son épiscopat, un recueil de canons, dont le frontispice était orné d’un dessin grossier représentant l’Annonciation 2. Nous ne connaissons pas de livres qui aient été écrits au IXe siècle dans le scriptoriurn de l’église ; mais parmi les livres, qu’au Xe siècle, l’évêque Uton (950-965) offrit à son église 3. peut-être quelques-uns ont-ils été exécutés par son ordre auprès d’elle. Son successeur, Erkanbald (965-91) a offert à Notre-Dame un Commentaire attribué à saint Ambroise 4. Un exemplaire du « De viris illustribus », donné également par lui, porte l’inscription « Erkenbald humilis praesul me scribere jussit » 5. Mais l’évêque a sans doute rapporté d’Italie ce manuscrit, avec beaucoup d’autres ; et c’est vraisemblablement à des scribes italiens que ce livre

1. Il n’y a pas lieu de s'arrêter à l’on-dit que rapporte Sehadaeus (Summum templum Argentinense, 1617, p. 7i)sur le commentaire des livres de la sainte Écriture qu’aurait composé et écrit de sa propre main l’évêque Biulfus, dont le nom figure parmi ceux des premiers évêques dans le Catalogue des évêques, mais dont on ne sait rien (ci. C. Schmidt, Zur Gesch. der âltesten Bibliotheken zu Strassburg, p. 2).

2. « In nomine sanctae unicae Trinitatis VCCLXXXVII, quo d. noster J. Chr. nasci dignatus est, régnante d. nostro gloriosissimo Karolo rege Francorum., Ego itaque Rachio humilis Christi servus, episcopus Argentorensis urbis, anno V episcopati mei, hec libro canonum scribere jussi » (Koch, Notice d’un code de canon écrit par les ordres de l'évêque Rachion de Strasbourg en 787 , dans Notices et Extraits des mss., VII, p. 173). Le ms. a péri en 1870 dans l’incendie de la B. de Strasbourg. Sur les vicissitudes antérieurs du ms., cf. C. Schmidt, op. cit., p. 3.

3. Wimpheling, Catalogus episc. Argent., éd. Moscherosch, 1660, p. 29 ; Würdtwein, Nova subsidia diplom., V, 326 ; G. Schmidt, Livres et bibl. à Strasbourg au moyen âge, dans la R. d’Alsace, 1876, p. 435 ; Zur Gesch., 3.

4. Le ras. portait cette dédicace : « Erkanbold praesul sanctae dat dona Mariae » (Schmidt, p. 436 et p. 4).

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