SCRIPTORIU.M » DE L’ÉGLISE DE CONSTANCE
Sous l’abbé de Reichenau, Pierre (782-6), l’évêque de Constance, Egino, eïnprunta au monastère un lot de livres, dont les moines avaient hérité. Il promettait de les rendre après les avoir fait copier ; mais les livres ne revinrent jamais dans l’île 1. Le fait ainsi rapporté a été diversement interprété, mais peut plutôt être retenu en témoignage de l’existence d’un scriptorium à Constance. L’évêque, en effet, n’eût pu invoquer le prétexte de faire copier des livres, s’il n’en avait pas eu les moyens, les moines de Reichenau tout voisins étant évidemment renseignés 2. Sur un manuscrit renfermant un commentaire de Bède, on lit que le vénérable évêque Wolfleoz (811-839) a fait faire ce livre, ainsi qu’un grand nombre d’autres meilleurs encore. Le nom du scribe Engilhart est ensuite mentionné 3. Wolfleoz, sans doute avant son épiscopat, avait lui-même rempli la fonction de scribe ; sur un manuscrit, une note indique que ce libellas a été écrit par Wolfleoz 4. Jusqu’en 816, il avait été abbé de Reichenau. Peut-être, a-t-il fait écrire le manuscrit de Bède et beaucoup d’autres, parce qu’ayant perdu cette qualité, il ne pouvait plus les consulter à la bibliothèque de Reichenau, ni fort de son pouvoir abbatial les emprunter, sauf peut-être à ne pas les rendre 5. Il a pu en commander l’exécution, soit à Constance, soit à Reichenau. Toutefois, comme le nom d’un diacre Engilhart figure sur une liste des chanoines de Constance dressée sous le successeur de Wolfleoz 6, il est assez vraisemblable que le manuscrit
livres exécutés à Reichenau sous l’abbé Ruadhelm ; il porte d’ailleurs l’«ex libris » de Reichenau ; cf. Lôffler, loc. cit. Suivant la chronique d’Oheim, citée n. suiv., les mss. que l’évêque Egino a empruntés à Saint-Gall sous- prétexte de les laire copier n’ont jama’s été rendus. Il subsiste des fragments de mss. en on iale des Prophètes et des Evangiles qui ont appartenu à l’église de Constance et p écédemment sans doute au monastère de Reichenau (Traube, Zur Palaeogr., Une. 302-3, Varies.,
1. Chron. il Oheim, Lehmann, I, Mittelalt. B. Katal., t. I, 48, p. 235.
2. Cf. Lôffler, p. 8. On a tiré de ce passage de la Chronique d’Oheim des conclusions ontra lictoires, d’une part que 1’ gl se avait certaineme t un sc iptorium, pu sque Egino empruntait des livres pour les faire copier, d’autre part qu’elle n’en avait pas, puisque les livres n’ont pas été copiés, c;r s’ils l’avaient été, ils eussent été rendus après transcription.
3. B. Stuttgart, H B VII 39 ; on lit en finale : « Wolfeoz venerandus episcopus me ac multos meliores fieri jussit. Nec lateat nomen scriptoris, Engilhartus me penna cobra vit... » (Lôffbr, p. 8, Lehmann, I, p. 187,. Lindsay, Nolaelat-., 488).