‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 424 sur 1207 · SCRIPTORIUM » DE REICHENAU · texte numérisé non relu

SCRIPTORIUM » DE REICHENAU

ses trois doigts, pour l’utilité des autres » L La main du moine Rotpert apparaît dans ce même manuscrit et dans plusieurs autres du commencement du IXe siècle 1 2. Un autre encore, du même temps, a été terminé sans doute à Reichenau par Hiltibolt 3. Nous savons que l’abbé Waldo (786-806) a fait écrire à son usage un grand nombre de livres ; leurs titres et les noms des moines qui les avaient exécutés étaient consignés dans un rotulus du IXe siècle ; mais le chroniqueur qui a utilisé ce document a négligé de les rapporter 4.

Le bref qui fut dressé l’an VIII de l'empereur Louis, en 822, ne nous renseigne pas sur la part, probablement la principale, qu’a pris? le scriptorium à’Augia à l’exécution des quatre cent quinze manuscrits qui y sont inventoriés 5 6. Un autre bref énumère d’abord les livres qui ont été écrits au monastère, après qu’il eut été confié à l’abbé Erlebald (823-838) (1 ; ces manuscrits sont au nombre de trente-neuf. A la suite de cette liste, sont mentionnés six livres liturgiques, qui sont la propriété de cet abbé, puis les livres qui, dans le même temps, ont été apportés au monastère, donnés ou vendus par divers prêtres. Un certain nombre des livres qui figurent dans cette seconde partie du document ont pu venir du dehors. Toutefois, le Missel que le prêtre Otfrid a fait écrire pour lui (sibi scribi fecit), les deux Psautiers que Noterim a fait exécuter également pour lui, le Missel que le prêtre Ruadhelm, sans doute le futur successeur d’Erlebald, a écrit pour lui-même (sibi conscripsit), celui que le prêtre Wito a laissé écrit à demi et que le prêtre Ruadhelm a achevé et donné, sont vraisemblablement sortis du scriptorium de Reichenau. Un rotulus, qu’a eu sous les yeux le chroniqueur Oheim, faisait

1. «Ego Alboinus monachus inutilis et peccator juxta quod intellectum habui in istum librum tribus digitis ad aliorum ad utilitatem et hic librum produxit ». (A. Hôlder, Die Reichen. Hdschr., B. Karlsruhe, n° 222, f° 176, t. I, p. 509).

2. Hôlder, n08 222, p. 508 et (f° 177), p. 509 ; n° 14, f° 110, p. 33.

3. n° 4, f° 278 : « Hiltibolt Kerhart ternünavit istum librum *. Un autre ms. du même âge (n° 71, p. 212) porte cette note: « Iste liber est Augensis, quem frater Burdesol accomodavit ».

4. Chron. d’Oheim dans Lehmann, Mittelalt. B. Katal., t. I, 48, p. 236. Ces livres ont été exécutés, avec l’assentiment de l’évêque de Pavie ; il semble que ce soit plutôt à Reichenau qu’à Pavie. Les livres copiés avaient été sans doute prêtés par l’évêque et le travail fut exécuté dans l’île par les « Brüder ».

5. « Brevis librorum qui sunt in cœnobio Sindleozes-Awà, facta anno VIII Hludowici imperatoris » (Lehmann, 49, p. 244 ; Becker, 6, p. 4). Ce bref est peut-être celui d’un inventaire dressé suivant les règles, à Reichenau. comme à Saint-Wandrille (cf. Gottlieb., p. 322).

6. « Isti libri qui subsequuntur scripti sunt in cœnobio Sindleotes-Awa, postquam Erlebaldo abbati fuit hoc monasterium commendatum » (Becker, 8, p. 16). Lehmann publie les deux portions du document sous les numéros 50 et 52.

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