LE « SCRIPTORIUM » SAN-GALLOIS SOUS SALOMON III
mun, de l’an 888 à l’an 892 1. Une note, écrite par Ekkehard au regard du texte, signale dans un manuscrit de Paul Orose deux lignes, modèles d’écriture à ses yeux, qui sont de la main de Notker 2. Celui-ci copiait aussi des textes grecs ; il avait emprunté à Liutward, évêque de Verceil, les Épîtres canoniques grecques et les avait reproduites, au prix d’un grand travail, dans un manuscrit, qui fut lacéré par un confrère, lequel ne goûtait pas cet art 3.
Salomon III, abbé de 890 à 920, est lui-même un artiste dans l’art de la calligraphie. Il savait dessiner et composer des capitales (lineandi et capitulares literas rite creandi gnarus) ; Ekkehard cite en exemple des lettres majuscules de Y Evangelium longum qui seraient son ouvrage 4. Il aurait aussi composé le dictionnaire connu sous son nom (Vocabularium Salomonis) 5 et il a été, en 909, l’éditeur du « Psalterium quadruplex » 6, renfermant les textes gallican, romain, hébraïque et grec.
Après la mort de Salomon, le scriptorium san-gallois n’a plus produit de manuscrits comparables à ceux de l’âge antérieur ; mais une équipe de scribes continue d’y travailler activement. Un manuscrit du Xe siècle, renfermant un Comput, un Graduel et un Sacramentaire, est dédié à saint Gall par le scribe Gotescalc, qui a exécuté ce livre en son honneur 7. Un autre manuscrit de la même époque a été signé par Ruadpertus 8. Wérinbert et Uto ont ou écrit ou corrigé un com-
1. ms. 672, f° 64 : « Hue usque patravit Notker. Ab hirtc vero per quinque annos a quinto Bernhardi usque ad quartum Salomonis hoc totum est in commune patratum » (Scherrer, p. 218).
2. Ces deux lignes, avec la surcharge qu’v appose Ekkehard, sont reproduites par Arx dans l’édition des Casus s. Galli (SS, II, 101, PI. et n. 33).