Voir plus haut, p. 314, n- I
l’enluminure a SAINT-GALL AU IXe SIÈCLE
Dans le développement de l’école de Saint-Gall on a distingué plusieurs époques. La première est une période de transition où l’art est encore proche de l’ancienne tradition et des modèles insulaires, mais où déjà apparaissent des traits qui caractérisent l’école. Elle s’étend des premières années du IXe siècle, jusqu’à l’abbatiat de Grimald. De l’atelier sortent alors le Psautier de Wolcoz et nombre de Sacramentaires, Évangéliaires, Psautiers et autres manuscrits 1.
L’école, en pleine possession de ses moyens, a produit des chefs-d’œuvre, au temps de Grimald (841-72) et sous la direction d’Hartmut. Le Psautier de Folchard a été exécuté sur l’ordre d’Hartmut et une miniature du manuscrit les représente tous deux offrant le livre au Christ 2. Un autre manuscrit enluminé a été exécuté par Hartmut pour l’abbé Grimald 3 et plusieurs manuscrits à belles initiales appartiennent à là série de ceux que Grimald a fait faire et qu’il a donnés au monastère 4 5. Un Psautier et un Lectionnaire enluminés sortis de l’atelier de Saint-Gall et conservés dans d’autres bibliothèques appartiennent à la même période 6, ainsi que les Évangiles Ashburnham 6.
L’apogée de l’art san-gallois est atteint sous les abbatiats d’Hartmut et de Salomon (872-920) ; il est marqué par l’apparition du « Psalterium aureum » 7, œuvre anonyme de plusieurs artistes qui dans l’exécution des initiales pratiquent trois styles bien distincts 8, et celle de l’« Evangelium longum » attribué à Sintram 9 10. Autour de chacun de ces deux livres célèbres on peut grouper une série de beaux manuscrits contemporains lü. Ils appartiennent tous aux dernières années
1. Merton range dans cette série, outre le psautier de Wolfcoz (Stiftsb. ms. 20), ceiuidélaB. de Zurich (C. 12), un autre de S. Gall (ms. 27), l’Évangéliaire de S. Gall (ms. 367) ; un ms. des Épîtres des. Paul, des Actes et de l’Apocalypse (B. Stuttgart, II, 54), un Sacramentaire de Vienne (ms. 1815), celui de la Bodlean Library d’Oxford (D. I. 20) et un certain nombre de mss. provenant de Reichenau qu’il estime être sortis du scriptorium de S. Gall (B. Karlsruhe, Aug. CIII , « Dionysio Hadr.>,;CLV, Cassiodore sur les psaumes ; XIX et XXIX, Homélies 'de P. Diacre).