LAVAGE, GRATTAGE DU PARCHEMIN
Les miniatures représentent, on l’a vu, des écrivains sacrés -écrivant sur une longue bande de parchemin. On voit aussi parfois l’Evangéliste la dérouler h Dans les Évangiles d’Ebbon, l’un des écrivains sacrés tient en écharpe un long ruban qu’il semble trancher avec un couteau 1 2, et c’est sans doute ainsi que sont débités dans l’atelier les rouleaux de vélin qu’on partage en feuillets.
Il existait des recettes pour le travail des peaux destinées à recevoir l’écriture. Dans le recueil italien du IXe siècle conservé à Lucques, il est expliqué comment on fabrique le parchemin. Les peaux sont noyées dans la chaux et y restent trois jours. Puis elles sont tendues et raclées sur les deux faces. Ensuite, l’ouvrier les découpe à son gré ; s’il y a lieu, il les teint avec des couleurs 3. Le plus souvent, on l’a vu, la teinture était de pourpre 4. Un fragment d’instructions relatives à l’enluminure des manuscrits, qui paraît être de la fin du XIe ou du début du XIIe siècle, décrit les diverses variétés de parchemin 5.
En raison du long travail qu’exigeait la préparation des peaux et de la rareté relative de la matière première, les ateliers utilisaient parfois des feuilles de parchemin d’anciens manuscrits, dont le lavage et le grattage étaient opération facile et rapide. Quand un atelier la pratiquait, l’ouvrier devait disposer, pour le lavage d’un peniculus, spongium et, pour le grattage, du rasorium et du pumex. Il existait pour cette opération des recettes, dont l’une s’est conservée dans un manuscrit du Xe siècle 6.
Le grattage du parchemin a l’effet d’effacer un texte ancien, pour lui en substituer un nouveau, était fréquent dans l’antiquité 7. C’est surtout du VIe au VIIe siècle, que l’usage en a
1. C’est le cas de l’un des Évangélistes de l’Évangéliaire de S. Vaast (Delisle, PI. I), des Fvang. du Sacre (Boinet, PI. 58), de ceux de Clèves (PI. 70) et de Blois (PI. 72).