‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 496 sur 1207 · LES MODÈLES · texte numérisé non relu

LES MODÈLES

nement écrit à Tours, à la belle époque de la calligraphie tourangelle, en succèdent d’autres, où des scribes italiens ont gauchement imité l’écriture du premier ; celui-ci avait été évidemment expédié de Tours à Verceil, à la demande, sans donte, du chef du scriptorium, soucieux de mettre un bon 'modèle aux mains d’une médiocre équipe h On a vu que la manière des ateliers tourangeaux se retrouve dans maints manuscrits qui n’en sont pas sortis, évidemment grâce à l’intermédiaire d’exemplaires qui en provenaient et que les scribes d’autres ateliers avaient sous les yeux 1 2, cahiers détachés pour eux, à titre de modèle, ou manuscrits acquis par la bibliothèque de leur église et dont ils s’exerçaient à reproduire la calligraphie.

C’est grâce à ces communications d’un scriptorium à l’autre, aux échanges faits entre eux, que les techniques, styles, écoles de calligraphie et d’enluminure se créent, s’étendent et se perfectionnent, que les initiatives heureuses d’un atelier ou d’un scribe sont connues ailleurs et en provoquent d’autres. La minuscule Caroline s’est formée, grâce aux recherches et expériences de plusieurs ateliers, qui les ont mises, en quelque sorte, en commun et exploitées, par une sorte d’émulation et d’accord entre les diverses équipes de scribes. Elle n’a pu, une fois constituée, conquérir successivement tous les scriptoria, que par suite d’une très large diffusion de manuscrits modèles, dont la perfection emportait tous les suffrages et brisait, dans chaque atelier, les traditions et résistances locales.

De même, il n’est pas, au IXe siècle, dans l’art de peindre les manuscrits, de style qui n’ait subi l’influence d’un autre ou de plusieurs styles antérieurs ou contemporains, éclos dans l’ancienne Gaule, en même temps qu’il est souvent tributaire de modèles irlandais, anglo-saxons, wisigothiques, byzantins, orientaux et même antiques 3. Les artistes en calligraphie et en enluminure doivent sans doute toujours à ces contacts une part de leur science technique et c’est ainsi qu’ils achèvent de se former, ou qu’ils transforment leur manière. On a vu qu’un scribe de Saint-Gall prenait soin de noter les attitudes et gestes des personnages des miniatures

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