UNIFORMITÉ DES ÉCRITURES
viduels 1. Elle subira d’ailleurs dès la fin du IXe siècle des déformations. Dans les ateliers tourangeaux on voit reparaître alors certains traits cursifs 2.
On peut toutefois considérer la calligraphie comme généralisée et de technique essentiellement identique à partir du milieu du IXe siècle. C’est suivant le même rythme, qu’au cours du Xe et du XIe siècles, elle subit dans tous les scriptoria des modifications qui permettent de dater l’écriture, non de la partager en diverses techniques et écoles.
Au temps où l’écriture n’a pas pris encore une facture uniforme, il est plus aisé de reconnaître les écritures individuelles ; mais même sous le règne universel de la Caroline, les mains peuvent encore être distinguées. Un même manuscrit en révèle très souvent un certain nombre et plusieurs manuscrits accusent, d’autre part, la même main. Les comparaisons d’écriture mettent ainsi en bien des cas, les paléographes en présence d’une équipe de scribes, dont ils peuvent apprécier le nombre, le talent, l’activité.
Les écritures ne restent pas toujours anonymes. On reconnaît facilement à Saint-Gall, au VIIIe siècle, l’écriture de Winithar 3, au IXe, à Saint-Martin de Tours, celle d’Adalbaldus et peut-être de quelques autres 4. A Reichenau, on distingue bien l’écriture d’Hartmut 5, à Vérone, celle de l’archidiacre Pacifiais 6, à Lyon, celle de Mannon 7. On a cru reconnaître des corrections de la main de Paul Diacre et de celle d’Adalhard abbé de Corbie 8. Nous connaissons aussi
1. Par exemple, l’écriture pratiquée à S.Gall est une minuscule Caroline, qui diffère peu de celle des ateliers français, notamment de celle de Tours, mais qui annonce les écritures allemandes du Xe siècle; et. S. Berger, H. Vulgate, p. 126; sur la minuscule Caroline pratiquée à Vérone, voir T. Venturini et Peeters, op. cit.
3. Cf. S. Berger, H. Vulgate, 119 : « grosse écriture aux traits épais, se distingue en particulier par des q ouverts par le haut ».