ÉCRITURES INDIVIDUELLES
très bien l’écriture de Loup de Ferrières b Au Xe siècle, la main d Adémar de Chabannes a été bien identifiée1 2, comme celle des auteurs du temps dont le manuscrit autographe a été conservé 3.
§ 2. — L’enluminure
Dans 1 histoire de l’enluminure du haut moyen-âge, des portions restent encore obscures et insuffisamment explorées 4. Toutefois on peut dégager un certain nombre de styles, d époques, de cêntres de production et de rayonnement qui distinguent et caractérisent les étapes du développement qu a pris, dans l’ancienne Gaule, l’art ornemental du livre, dont le domaine a été déjà, déterminé 5.
Au cours de la période précarolingienne, au VIIe siècle et pendant la première moitié du VIIIe siècle, cet art reste rudimentaire et barbare. L’enluminure n’est le plus souvent qu’un simple prolongement du travail du scribe, se sépare à peine de la calligraphie, la part de la peinture étant représentée en général par quelques teintes plates qui font valoir lés initiales 6. Les artistes, avec quelques réminiscences de l’art antique, subissent vraisemblablement parfois des influences orientales, mais surtout s’inspirent des manuscrits insulaires, les monastères irlandais et anglo-saxons étant dès cette époque le siège d’études artistiques qui ont produit déjà des œuvres de prix 7.
Des groupes de livres sommairement décorés, sinon à proprement parler des écoles de manuscrits à peintures, ont pu être distingués aussi sur le continent dès la période pré-caro-
1. Cf. Beeson, Lupus of Ferrieres as scribe and text critic. I.e « De Oratore » de Cicéron ( Brit. Mus. Hari. 2736) est entièrement écrit en minuscule Caroline de la main de Loup, d’une écriture qui est en avance de plusieurs décades sur celle des contemporains (Beeson, p. 10). Cette écriture est identique à celle des corrections, notes marginales et interlinéaires du Valère Maxime (Berne, ms. 366), où une colonne entière a été écrite par lui, à celle aussi des corrections des mss. du « De Inventione » de Cicéron, du Lite I-ive (codex Thuaneus), des lettres de Symmaque (B. N. lat. 7774 A, 7526, 8623), de l’Aulu-Gelle et du Comment, de Donat sur Virgile (B. Vatican, Regin. 59 7 et 1484), qui lui ont appartenu (Beeson, p. VII).