ÉCOLE DES ÉVANGILES ADA
D’autres écoles ont un rayon plus étendu, sans qu’il soit possible d’en identifier avec certitude le foyer ou les divers foyers, qu’il faut chercher sans doute dans les principaux scriptoria monastiques d’une région mal déterminée.
Bien qu’une manière originale distingue chaque école écloSe dans l’ancienne Gaule du VIIIe au IXe siècle, l’influence qu’elles exercent souvent l’une sur l’autre est manifeste ; une école se rattache d’ordinaire par quelques traits à d’autres écoles antérieures ou contemporaines. L’une d’elles, dont le siège ne peut être établi avec certitude, dite de Corbie ou de Saint-Denis, se distingue précisément par son éclectisme. Elle emprunte les motifs et suit les inspirations de tous les styles antérieurs. L'initiative, le talent et le goût des artistes ont fait le reste.
L’école dite des Évangiles Ada marque les débuts de la renaissance qui s’opère dans l’art de la peinture, sous l’influence et par l’imitation de modèles, dérivés peut-être parfois de l’art alexandrin ou syrien, mais empruntés surtout à l’Italie du Nord x. Une somptuosité encore barbare, la rudesse et l’incorrection de l’ornementation, caractérisent les manuscrits tous de grand luxe de cette école, exécutés le plus souvent en écritude d’or. L’allégorie de la Fontaine de vie 1 2, la figure idéalisée du Christ.3, le vêtement drapé à l’antique des Évangélistes, l’apparition, parmi les motifs si variés d’ornementation 4, du règne végétal, en particulier des feuilles d’acanthe qui remplissent les encadrements 5 ou forment le chapiteau des colonnes 6, le magnifique décor architectural 7 et l’ordonnance toute classique des compositions, contrastant si sensiblement avec toutes les productions antérieures,, sont les signes manifestes d’une Renaissance de l’art, inspirée de l’antique et en même temps originale.
Çe style apparaît dans le dernier quart du VIIIe siècle