‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 588 sur 1207 · CORRECTION FAITE PAR LE CHEF D’ATELIER · texte numérisé non relu

CORRECTION FAITE PAR LE CHEF D’ATELIER

copiste. C’est nécessairement le cas, quand l’auteur d’un ouvrage revoit la transcription, exécutée à l’atelier, du texte qu’il a noté sur des tablettes, ou dont il a remis aux copistes le brouillon écrit par lui sur des feuillets. Le moine de Cluny, Syrus a relu et corrigé la vie de saint Maïeul, qui est son œuvre et que le « scriptorum vitium » a corrompue1 .

La correction est faite sans doute le plus souvent par le personnage qui exerce la direction de l’atelier, soit le plus ancien, le plus expert de l’équipe des scribes, soit le dignitaire, parfois le prélat de l’église qui veille à l’exécution des livres. Un moine de Saint-Riquier est dit scribe principal (praecipuus scriba) et correcteur très perspicace (lector vivax) 2. Il s’agit évidemment du scribe chef d’équipe et qui contrôle le travail des autres. Un livre exécuté dans le scriptorium de Saint-Mesmin a été relu par l’abbé Pierre ; il porte en effet de nombreuses corrections de sa main. Un autre manuscrit qu’il a ordonné d’écrire, ainsi qu’un troisième paraissent avoir été corrigés par la même main 3.Un manuscrit des sermons de saint Augustin a été revu par Loup, abbé et précepteur (ab abbate et praeceptore) 4. Un manuscrit, exécuté en 823 à Francfort, a été corrigé sur place ; une note signale, avec les noms des deux scribes, celui d’Hiîduin qui a vérifié l’orthographe (Hildoino orthographiam praestante) 5. Ce correcteur qui a la haute main sur le scriptorium de Francfort, sans doute celui du palais, serait-il l’archichancelier Hilduin ? On a vu que le chef d’atelier procède ordinairement à la révision des cahiers d’un manuscrit avant qu’ils soient assemblés6.

Le prélat ou le chef d’atelier se fait assister dans ce travail de correction par ses élèves. L’évêque de Mayence, Willisus (975-1011) a fait écrire des livres, que lui-même corrige soigneusement, avec l’aide de ses disciples 7.

Le scribe qui a terminé sa tâche, prie parfois son maître de corriger son travail. Dans un manuscrit de Lorsch de la première moitié du IXe siècle, le scribe qui l’a exécuté en une élégante minuscule, insère une longue épitaphe en vers de l’anglo-saxon Dombercht ; en finale, il écrit en onciale : « Rogo

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