‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 797 sur 1207 · LES ARTS LIBÉRAUX A FLEURY · texte numérisé non relu

LES ARTS LIBÉRAUX A FLEURY

conservait le trésor le plus complet des textes classiques de l’antiquité L

Dans le second Catalogue, outre la Rhétorique de Cicéron et la Rhétorique « ad Herennium » sont mentionnés Porphyre, le commentaire de Boëce sur les Catégories d’Aristote et sur les « Isagogae »1 2, les « Periermeneiae » d’Apulée avec ceux d’Aristote, un « corpus dialecticæ »3. Tl subsiste un fragment d’un commentaire sur les livres de la dialectique, livre du saint abbé Odon 4. Un manuscrit de la seconde moitié du Xe siècle, provenant de Fleury, renferme les traités de syllogistique de Boëce, tels que Renatus les avait publiés au VIe siècle, ainsi qu’un traité d’Abbon sur les propositions et syllogismes catégoriques 5.

Les Arts du Quadrivium sont représentés au premier Catalogue par un livre de l’art du calcul, dans le second par 1’ « Astrolapsus » de Simphosius et un ouvrage sur l’utilité de l’astrolabe, un livre d’astronomie, un traité de musique.

La bibliothèque était bien pourvue déjà avant les travaux d’Abbon et le fut davantage encore grâce à lui en livres de comput 6.

Parmi les livres de* sciences a figuré vraisemblablement le « Physiologus » illustré du IXe siècle, dont les décorations appartiennent à l’école de Reims7, ouvrage d’origine alexandrine sur les animaux et leur sens symbolique dans l’interpré-

1. « Dicht bei Orléans barg damais den vollstandgisten Schatz romischer Texte das Kloster des heiligen Benedikt in Fleury» (Traube, op. cit., p. 5).

2. Peut-être les mss. d’Orléans 267 + B. N. nouv. aeq. 1611 et 277 Xe s. Voir aussi les mss. 268-9. Le ms. 343 du Xe renferme les « Isagogae » de Porphyre.

3. Peut-être le ms. 263 X° s. de la B. d’Orléans (Traités de dialectique).

4. Au i° 32 du recueil de fragments B. Orléans, ms. 192, on lit : « ex monasterio s. B. Floriac. super Ligerini. Commentum super libros dialecticas, liber b. Odonis abbatis » (Cuissart, p. 93). Odon, abbé de Cluny a exercé aussi, en vue de la réforme, l’abbatiat de Fleury, (Odonis vita, III, 8, Migne, CXXXIII, 80). S’agit-ii d’un livre ms. que possédait en propre Odon ou bien d’un ouvrage qu’il aurait composé sur la dialectique, étudiée par lui à Paris sous la direction de Reini d’Auxerre (1, 19, col. 52) ?

3. B. Orléans, ms. 267 + B. N. nouv. acq. lat. 1611, cf. Van de Vyver, p. 131.

6. Cf. de Vyver, op. cit., p. 149-55. Parmi les mss. de comput provenant de Fleury, antérieurs à Abbon, figurent les mss. du IXe s. B. N. nouv. acq. lat. 1615-6 ;Brit. Mus., Harl. 3017 (861-4) ; B- N. lat. 5543 1 B. Berne; 441 ; ceux du X°. B. Berne, 610 ; B. Orléans, 31 et le ms. du Comput d’Héric, ms. contemporain d’Abbon (B. N. 7518). Sur ie comput d’Abbon et les lettres sur l’ère dionysienne, voir plus haut.

7. B. Berne, ms. 318 ; cf. Morev, Lecture notes, p. 44- Le ms. a fait partie de la collection Bongars qui renfermait maints mss. de Fleury. Le passage de ces mss. de Reims à Fleury pourrait s’expliquer par l’internement d’Ebbon à Fleury après sa déposition.

Page 1