‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 85 sur 1207 · ET DANS LA RÉGION DU DÉTROIT · texte numérisé non relu

ET DANS LA RÉGION DU DÉTROIT

environ pratiquant les uns l’écriture continentale, les autres l’écriture anglo-saxonne 1.

Les églises et monastères voisins des points du littoral où débarquent le plus souvent les Anglo-saxons ont gardé des manuscrits que ceux-ci avaient apportés ou qu’ils exécutèrent dans le srriptorium de l’établissement qui les accueillait. Corbie, fondé par une reine anglaise de naissance, sainte Bathilde, possédait dans sa bibliothèque plusieurs manuscrits d’écriture anglo-saxonne 2. Ou bien ils sont venus de Grande-Bretagne, ou bien l’exécution en est due à des membres d’une colonie anglo-saxonne volontiers accueillie à Corbie, lesquels travaillaient, relativement nombreux, dans le scriptorïum à côté des scribes indigènes 3. Un exemplaire du Commentaire de Philippe sur Job, appartenant à l'église de Cambrai, en semi onciale, porte des traits insulaires ; les abréviations courantes y sont plutôt du type anglo-saxon que du type irlandais 4. Des Évangiles prove-

i. B. Cath. Cologne, 106 ; M. Jones, Cologne ms. 106, A book of Hildcbald , dans Spéculum, IV, 1929, a étudié (p. 40) chacune des mains qui apparaît dans ce ms. De cet examen il résulte que le ms. a été exécuté à Cologne vers 805, qu’il est une copie du ms. préparé en toute hâte à Tours en 802 pour être envoyé à Arn de Salzbourg (Aie. episl. 259, p. 4r7) et non cet exemplaire même, comme l’a cru Lindsay (Xolae lat., 453 et Palaeogr.. lat., III, 7)-

2. La B. de Leningrad possède un ms. provenant de Corbie (F v. I 3) formé de deux mss A et B, l’un du VIIe-VIIIe siècle en onciale et l’autre du VIIB-IX1’ en écriture insulaire (Dobiasch, Un codex insul. des VIIe-IXe siècles à Corbie, dans Bull, de l'Acad. Sciences de l'U. R. S. S., Human. T930, p. 183 et suiv. ; et Hist. atelier Corbie, VII, XI, VHa, p. 121, 129-31), ainsi qu’un autre ms. de même provenance (Q v. I 13) ; cf. du même auteur Questions Corbéiennes, dans les Studicn zur laie in. Dichtung., Ehrengabe fur Karl Strecke, 18-28 et Hist. atelier Corbie, XII, p. 1 ;2. Un ms. de l’Histoire ecclés. de Bède de la même bibliothèque (Q I, 18) est en écriture anglo-saxonne (Gillert, Latein. Handschr. in S. Pétersb.. dans A. Archiv, X, 260). Lindsay (Xotaelat., p. 486-7) avait signalé d jà le 111s. de S. letersbourg, F 13, renfermant le Comment, de s. Jérôme sur Isaïe, en semi onciale anglo-saxonne du VIL-VIIP siècle et le 111s. Q XIV, 1 de Paulin de Noie en sëmi onciale anglosaxonne provenant de Corbie.

;. M1 Dohiash observe (Hist. atelier Corbie, p. 55 et 133) que dans le Q v. I 15 on distingue six mains insulaires, dont . minuscule hiberno saxonne, et plusieurs de cursive et semi cursive auglo-ss .1, et en outre une portion d’écriture e n a avec une autre en minuscule précaroline, mosaïque d’écritures insulaires et continentales que peut seule expliquer la collaboration en un même atelier de si ubes insulaires et de scribes indigènes. Cet atelier serait celui de Corbie, plutôt que celui de Péronne, comme le croyait Traube (cl. plus haut, p. 7, n. 3). La plupart des autres mss signalés 11. précéd. comportent plusieurs écritures insulaires differentes. Dans le ms. 1 v. I 3 B, quatre mains insulaires différentes alternent, reviennent plusieurs fois et montrent qu’au même temps quatre Anglo-saxons travaillaient dans un seul et même atelier. Comme certaines particularités dénoncent des Anglo-saxons écrivant sur le continent, cet atelier est sans doute celui de Corbie (Dobiasli, Hist.

atelier Corbie, p. 130).

4. B. Cambrai, ms. 470; cf. Châtelain, Uncialis script., PL 93 et 04 et Lindsay Xotae Utl., 449.

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