‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 88 sur 1207 · LES ANGLO-SAXONS A SAINT-MARTIN DE TOURS · texte numérisé non relu

LES ANGLO-SAXONS A SAINT-MARTIN DE TOURS

Martin. On a vu qu’il demande à Charlemagne la permission d’envoyer en Grande Bretagne des moines de son obédience afin qu’ils en apportent les livres dont il déplore la disette dans son monastère 1. Vraisemblablement, cette mission fut accomplie et la bibliothèque d’York 2 déversa sur Saint-Martin une part de ses trésors. On a conjecturé 3 qu’Alcuin avait personnellement gardé la pratique de l’éfcriture anglo-saxonne. Si des livres écrits de sa main avaient subsisté, leur aspect paléographique serait peut-être celui des manuscrits anglo-saxons. Il n’est pas venu seul, à Tours ; nombre sans doute de compatriotes l’y ont suivi. Tel Frédégise, son très cher fils 4 et qui devint plus tard abbé de Saint- Martin. Les moines voyaient avec inquiétude se multiplier le nombre de ces étrangers. A l’arrivée d’un prêtre anglosaxon qui venait visiter Alcuin, un groupe de moines murmurait : « Seigneur, délivrez le monastère de ces Bretons, car comme les abeilles reviennent sans cesse vers la reine mère, amsi tous ceux-ci accourent vers Alcuin » 5. Plusieurs sans doute furent admis dans le scriptorium. Le scribe qui a corrigé les Évangiles de Saint-Martin en onciale d’or sur lesquels les rois de France prêtaient serment comme chanoines de Saint-Martin, était peut-être un Irlandais ou un Anglo-saxon 6. Si le manuscrit renfermant diverses œuvres d’Alcuin qui subsiste et a été exécuté par quelque vingt scribes dont quelques-uns pratiquent l’écriture anglo-saxonne était l’exemplaire préparé en toute hâte sous ses yeux pour être envoyé à Arn, nous aurions une autre preuve que des scribes anglo-saxons ont travaillé à Tours en son temps 7.

Les églises de Bourgogne ont bénéficié également d’un apport anglo-saxon. Quand Héric d’Auxerre composa son comput, il avait sous les yeux une sorte d’encyclopédie

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