BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-CORNEILLE DE COMPÏÈGNE
reliure duquel figurait son nom. Un autre manuscrit du trésor passait aussi pour avoir appartenu à Charles le Chauve 1. Un Antiphonaire de luxe de la seconde moitié du IXe siècle qui provient de Saint-Corneille a pu faire partie du lot de livres laissé par Charles le Chauve à ce monastère 2.
Montfaucon signale dans la bibliothèque de Saint-Corneille quelques manuscrits de saint Ambroise et de saint Augustin dont quelques-uns, dit-il, ont 800 ans et datent du Xe siècle 3. On y trouvait peut-être aussi l’exemplaire de Fulgence, exécuté au début du IXe siècle, avant 837, que le vénérable abbé Hélisachar avait donné à une église Saint-Étienne, par les mains de son fils dans le Christ, Aldric, un manuscrit de Bède qui appartint à Saint-Corneille et qui date de la fin du VIIIe siècle, un exemplaire des Lois des Ripuaires et des Alamans, ainsi que trois autres manuscrits qui datent également du IXe siècle 4. Ceux-là ont pu être donnés à Saint-Corneille en exécution du legs,fait par Charles le Chauve. Il subsiste en outre, en provenance de ce monastère, dix volumes du Xe siècle 5 et huit du XIe, dont une Bible, un exemplaire des quatre Évangiles, un des Épîtres de saint Paul, quatre Missels, deux Lectionnaires, un manuscrit de Boëce et un autre de Cicéron 6.
Du trésor de la cathédrale de Senlis provient un manuscrit de la seconde moitié du IXe siècle renfermant un Calendrier, un Antiphonaire et un Sacramentaire à l’usage de l’église de Senlis au temps de l’évêque Hadebert, sacré le 12 décembre 871 7 et un exemplaire du traité « De anima » de Mamert Claudien du IXe siècle 8. Du monastère de Morienval au diocèse de Senlis subsiste l’exemplaire des Évangiles conservé au trésor de l’ancienne cathédrale de Noyon 9.
1. Cf. L. Delisle, Cab. des mss. II, 265, qui emprunte ces renseignements à des notes prises parles Bénédictins au vol. 21 de la collection de dom Grenier..
2. B. N. 17436. Pour les fêtes solennelles le ms. porte des initiales ornées et parfois l’introït est écrit en lettres d’or sur bandes pourprées, cf. Hesbert, Antiph. miss., p. XIX.