‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 915 sur 1207 · IV, 32, p · texte numérisé non relu

IV, 32, p

BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-RIQUIER AU XIe SIÈCLE

nécessairement que le monastère ne les possédait plus au XIe siècle. Le « De doctrina christiana » de Saint Augustin figure parmi les livres offerts par Gervin au monastère, bien que l’exemplaire du IXe siècle qui subsiste de cet ouvrage soit vraisemblablement celui qui figura dans l’inventaire de 831 b A moins que Gervin ne se soit procuré un manuscrit déjà vieux de deux cents ans, ce volume devait constituer un double. Ses acquisitions comblèrent pourtant sans doute le plus souvent les vides que les incursions normandes avaient faits dans l’ancienne collection. Les «Moralia» de saint Grégoire répartis en cinq volumes figuraient dans l’inventaire de 831. Gervin a peut-être pourvu à la perte d’une portion de cette œuvre en se procurant la cinquième et la sixième partie. Un certain nombre d’ouvrages acquis par Gervin ne figuraient pas dans la bibliothèque de Saint-Riquier en 831 ; mais elle avait subi de si grandes pertes qu’on ne peut conclure qu’au XIe siècle, après les acquisitions de cet abbé, elle était devenue plus considérable qu’au temps où fut dressé l’inventaire du IXe siècle.

§ 5. — Bibliothèque de Saint-Bertin

Dans le poème dédicatoire d’un Psautier exécuté à Saint- Bertin sous l’abbé Odbert (986-1007), il est dit de ce monastère qu’il l’emporte sur tous les autres cloîtres du voisinage par la richessedesa bibliothèquequirenfermedeslivres innombrables1 2.

L’éloge que le moine poète décerne à sa maison est justifié par le Catalogue 3 dressé un siècle plus tard, vers 1104 4.

1. Ms. cité, p. 624, n. 3, L’ouvrage est catalogué en 831 parmi les œuvres de saint Augustin que possède. S. Riquier (p. 89).

2. B. Boulogne, ms. 20 : « Imnimeris libris superas vicinia septa » (poëme publié par Laplane, Les abbés de S. Bertin, I, 139).

3. Brevis annotatio librontm s. Bertini , publiée par dom Berthod en 1788 dans les Mém. de l’Acad. impér. de Bruxelles , t. V, Nouveaux Mém. de l’Acad., Histoire, t. I, p. 227-30 et réédité par Becker, 77, p. 181-4. Dom Berthod l’a tiré, dit-il, d’un ms.

• le la B. de S. Bertin qui renfermait le Cartulaire de Simon. Il s’agit non du Cartul. >roprement dit de Simon, mais d’un recueil de pièces que Simon, à l’exemple de Folquin, avait annexé à son Chartularium et qui, d’après Pastoret (Hist. littér., XIII, 78, c.f. Guérard, Introd. au Cart. S. Bertin, p. XI), comprenait 38 chapitres suivis de deux livres de cens et du catalogue des livres de S. Bertin. Le ms. du XVIe siècle qui a conservé le Chartul. de Simon ne contient pas ce recueil. Cf. t. III. L’invent de la propr., p. 78, n. 3.

4. Nous ne savons sur quelles données s’appuyait dom Berthod pour le dater <:. 1104. Simon a commencé son Cartulaire sous Lambert (1095 à 1123). Le recueil complémentaire a été vraisemblablement ajouté à l’ouvrage déjà terminé ; or le cartulaire s arrête à l’an 1145. Néanmoins le catalogue inséré par Simon dans sa ooinoilation pouvait être déjà relativement ancien. En fait, il n’y est pas signalé, à notre connaissance, -de mss. qui soient certainement du XIIe siècle ; le contenu du document le place plutôt fin XIe ou début XIIe siècle.

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