‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 926 sur 1207 · LES ARTS LIBÉRAUX A SAINT-BERTIN · texte numérisé non relu

LES ARTS LIBÉRAUX A SAINT-BERTIN

un poème de Milon 1, soit vingt-sept volumes de poètes chrétiens.

Le Catalogue signale nombre d’ouvrages de « poetae gentiles », trois exemplaires des Satires de Juvénal, quatre exemplaires d’Horace, trois d’Ovide, trois de Perse, un de Stace, un de Térence, quatre de Virgile ainsi qu’un exemplaire des Bucoliques. A notre connaissance, aucun de ces livres n’a subsisté avec marque de provenance 2 ; mais un manuscrit de Lucrèce exécuté au IXe siècle qui paraît avoir appartenu à Saint-Bertin, est conservé 3 4.

La bibliothèque conservait, outre ces ouvrages poétiques des anciens, le « Livre de Macrobe », un Salluste, le Commentaire de Chalcidius sur le Timée de Platon et la Rhétorique de Cicéron.

Le Catalogue signale aussi le Commentaire de Boëce sur les Topiques de Cicéron et trois livres du même sur la dialectique et la musique, l’arithmétique et la musique, la géométrie et l’astronomie, le livre de Frontin « De ’geometria », enfin sîx livres de médecine. Il subsiste en provenance de Saint-Bertin un manuscrit du Xe siècle soigneusement illustré, d’astronomie, suivi des Phénomènes d’Aratus i. Au total, le monastère possédait près de cent manuscrits consacrés aux « Artes ».

La bibliothèque de Saint-Bertin était certainement, aux environs de l’an noo, l’une des plus riches collections monastiques du temps. Aux trois cent cinq volumes qu’énumère la liste du début du XIIe siècle s’ajoutaient probablement plus de trente autres manuscrits exécutés antérieurement à cette date et qui subsistent. Il est possible qu’un certain nombre de manuscrits anciens aient été acquis postérieurement par les moines de Saint-Bertin ; mais il est certain aussi que le rédacteur du Catalogue a omis un certain nombre de livres, notamment les Bibles et sans doute maints manuscrits ren-

1. Becker, n° 181, p. 183, propose de lire Milonis (au lieu de Ilonis) poema. Il s’agirait d’une œuvre de Milon de S. Amand. Il subsiste en effet un ms. du «De sobrietate » de Milon (Brit. Mus. 5 A XI 2) et un autre renfermant le « De sobrietate », et divers traités d’Alcuin (B. Univ. Leyde, publ. lat. 190) qui, au moins au XVe siècle, appartenaient à S. Bertin.

2. On peut conjecturer qu’excitant plus particulièrement les convoitises des érudits et des couvents appliqués aux études, ils ont disparu de bonne heure de la librairie de S. Bertin et ont perdu leur marque de provenance.

3. Lucrèce « quadratus » B. Univ. Leyde, Vossius Q 94, cf. Châtelain, Paléogr. class., 16, PI. LVIII, i°.

4. B. Boulogne, ms. 188 ; cf. Héliot, p. 193-4. Le ms. ne porte pas de marque de provenance, mais dom Wilmart, Les livres de l’abbé Odbert, Bull, antiq. Morinie, 1924, y retrouve les caractères palêographiques des mss. contemporains d’Otbert.

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