LES ARTS LIBÉRAUX A SAINT-EPVRE DE TOUT
Probus, la Grammaire d’Isidore, celles attribuées à Jérôme, à Pomponius, le Commentaire de Remi sur Eutychès, un volume sur les Déclinaisons, un traité de l’Orthographe, peutêtre d’Alcuin, le «De natura syllabarum » de Micon, les Scholies sur Virgile de Philargius, les Mythologies de Fùlgence, cinq volumes de Glossaires et deux exemplaires de la métrique de Bède.
Les « metra » sont rangés dans le Catalogue avant la série des ouvrages relatifs à la Grammaire et aux autres arts libéraux.
Une section est intitulée « Libri divinorum poetarum » et comprend six exemplaires de Sedulius dont un manuscrit neuf (novus) et un autre avec paraphrase en prose (prosaicus), deux exemplaires de Juvencus, trois d’Arator, dont l’un avec gloses, un Prudence complet (integer), un exemplaire de la Psychomachie, trois deBoëce 1, deux de « Sedulius Scotus, un Fortunat, les poèmes d’Alcuin, la « Visio Wettini» de Walafrid Strabon, la métrique de Bède avec l’œuvre de Prosper.
Sous la rubrique des Libri gentilium poetarum, sont signalés un Virgile,, deux vieux exemplaires de Virgile, un « quaternio » des Bucoliques, deux exemplaires d’Horace, un de Stace, un d’Ovide, et quatre cahiers du «De arte amatoria », deux exemplaires de Térence, un de Juvénal, un de Lucain. Ailleurs sont signalés deux exemplaires de l’Homère latin, et trois de Perse. Un même volume renferme Avianus, Ésope, Hincmar et Gautier2.
Saint-Epvre possède aussi le « De senectute » et de « De amicitia » de Cicéron, le Commentaire du Songe de Scipion et les Saturnales de Macrobe, Salluste, l’«Excidium Trojae » de Darès, l’Histoire de Jules César.
Les ouvrages de Rhétorique et de Dialectique forment en tout ou en partie le contenu de dix-huit volumes. Les Catégories d’Aristote éditées par Augustin ou par Boëce reparaissent cinq fois, avec deux commentaires de Boëce et un commentaire attribué à un certain Gézo. La collection comprend deux exemplaires des Isagogae de Porphyre, le Commentaire de Boëce sur le même ouvrage, les Topiques de Cicéron et
1. Sans doute le « De consolatione philosophiae » ; ci. Fawtier, p. 142, n. 7.
2. Fawtier, p. 145. D’Hincmar est signalé (p. 144) le « De fonte vitae », qui est perdu. Il s’agit sans doute dans ce volume de la même composition poétique. De Gautier est signalé aussi (p. 133) un autre exemplaire formant à lui seul un volume. Suivant M. Fawtier (p. 143, n. 1), il s’agirait d’une' vie de saint Christophe envers composée par Walther, archidiacre de Spire.
BIBLIOTHÈQUE DE MOYENMOUTIER
le « Liber differentiarum » qui lui est attribué, en deux exemplaires, avec le Commentaire de Boëce sur les Topiques. Ce dernier volume renferme en outre les livres de la Division, de la Définition, des Différences et Topiques, des Catégories, des « Hypoteticae », des Syllogismes. Deux exemplaires des Periermeniae sont signalés, l’un sous le nom d’Apulée, l’autre qui est sans doute l’ouvrage d’Aristote, ainsi que le premier et le second Commentaire de Boëce sur les Periermeniae d’Aristote et un troisième volume de Commentaire par le même Boëce. On trouve à Saint-EpVre la Rhétorique de Cicéron probablement la Rhétorique « ad Herennium », avec 1’ « Ars rhetorica » de Fortunatianus et le Commentaire de Victorinus sur la Rhétorique de Cicéron, la Dialectique d’Augustin, les traités d’Alcuin sur la Rhétorique et la Dialectique, le quatrième livre de Martianus Capella sur la Dialectique et un traité de Lanfranc sur le même objet. Enfin la bibliothèque comprend la Musique de Boëce, la Géométrie d’Euclide, l’Arithmétique de Boëce, un ouvrage d’astronomie et le livre « De abaco » de Gerbert.
Dans la collection figurent aussi l’ouvrage géographique de Solin, le « De agricultura » de Palladius, le « De architectura » de Vitruve, et douze volumes de livres de médecine.
Au contraire de beaucoup d’autres Catalogues, celui de Saint-Epvre paraît être complet, a part peut-être l’omission des Évangiles. Sous Guy, le monastère possédait au moins les deux cent-quatre- vingt deux volumes énumérés dans le Catalogue et qui renferment un plus grand nombre encore d’ouvrages. Mais de cette riche bibliothèque, il paraît n’avoir survécu que le manuscrit de Paul Orose qui nous en a conservé le Catalogue L
La collection primitive des livres de Moyenmoutier paraît avoir été dispersée au Xe siècle, comme la communauté des moines. La bibliothèque aurait été reconstituée par l’abbé Almann (985-1011) 1 2. Au cours du XIe siècle, l’abbé Lambert l’a enrichie, d’après l’inventaire conservé par Jean de Bayon 3, de soixante-sept volumes. Il a fait composer, on l’a vu, à l’usage de ses moines un recueil des Saintes Écritures .4 Moyenmoutier possédait à cette époque des ouvrages qu’on
1. M. Fawtier, p. 127, conjecture que le manuscrit a été emporté en Allemagne au cours des guerres de Louis XIV.