AVERTISSEMENT
L'étude des livres des églises et monastères rentrait dans le cadre d'une histoire de la propriété ecclésiastique. Ils prennent place en effet dans l'inventaire des biens meubles que possèdent les établissements religieux et parmi les pièces de leur trésor. Il y avait lieu de rechercher ce qui en fait le prix aux yeux du clergé et des moines, d en établir la provenance, d'en suivre l'exécution dans les « scnptona », de déterminer, autant qu'il est possible, l'importance et la nature des collections qu'en ont formées les églises du commencement du VIII*^ siècle à la fm du XI^.
\ucours de cette enquête, il est apparu que les conclusions qu'elle comporte pourraient être accueillies dans un cercle plu-, large d'érudits et de lecteurs que n'en peut rencontrer i-étude d'un bien d'église. La portée d'une telle recherche dépasse la valeur d'un article, si précieux soit-il -de molier ecclésiastique ou monastique ; elle touche a 1 histoire de la culture de l'esprit. Ces livres ne conservent pas seulement la trace de l'activité intellectuelle des contemporains nui les ont exécutés ou qui les ont lus. ils contiennent aussi tout ce que nous possédons de la littératui^ latine antique, païenne ou chrétienne. Ce qm en reste encore aujourdhui ne nous est parvenu que par les « scriptona « et es bibliothèques ecclésiastiques de ce temps. A cet égard, le volume présent déborde le plan général de l'ouvrage ; il renferme l'étude du Livre en France, au cours de quatre siècles, ou elle mérite aux yeux des érudits et des lettrés un spécial
intérêt. .
Aussi la recherche a-t-elle été poussée plus loin que ne neut l'être l'examen des diverses formes de la propriété d'Édise On ne s'est pas contenté d'une vue générale sur 1 origine et la patrie, le mode et la technique d'exécution des
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manuscrits, sur la formation, la composition, l'administration 'des bibliothèques ecclésiastiques et monastiques du temps. On a passé en revue successivement tous les « scriptoria » et bibliothèques de l'ancienne Gaule, pour autant qu'ils nous sont connus.
Consacrer une notice à l'atelier et à la collection de livres de chaque église est une entreprise qu'on jugera sans doute hasardeuse et téméraire. Nous sentons combien dans le détail devront être taxés d'insuffisance et parfois d'erreur les résultats de cette enquête. Elle pourra peut-être du moins servir de support et de point de départ à des recherches plus approfondies concernant chaque atelier et chaque bibliothèque étudiés à part. Le tracé des lignes d'ensemble sera sans doute moins éphémère et paraîtra moins incomplet. D'un si grand nombre de données rassemblées et classées découlent des conclusions générales qui n'appelleront peutêtre que de nouvelles précisions.
Lille, i***" Octobre 1937.
EN FRANCE DU COMMENCEMENT DU VllI* A LA FIN DU XV SIÈCLE