Lerche, op. cit., p. 443 ; cf. p
798 LIVRES EMPRUNTÉS PAR d'aUTRES ÉGLISES
Irma, femme de Réginboldus, a emprunté un Psautier et un Graduel, la « domina » Liutgart, un Psautier ; une autre Liutgart se trouve parmi les emprunteuses ^.
Des prêts sont consentis surtout très souvent à des établissements amis. La liste des livres empruntés au X^ siècle aux moines de Wissembourg rappelle que la « Règle des religieuses», prêtée à cette heure à un certain Sigihel, l'avait été précédemment aux moines d'Andlau. Sur la liste des emprunteurs figure pour plusieurs ouvrages le monastère de Klingen. On a vu déjà combien étaient fréquents les emprunts faits d'une église à l'autre à l'effet de prendre copie d'un manuscrit -.
Pour éviter les pertes que peuvent entraîner les prêts, il était tenu registre des livres ainsi sortis. Nous gardons la liste des livres prêtés au IX^ siècle par l'église de Cologne. Il s'est aussi conservé en assez mauvais état les notes prises à Wissembourg au sujet des livres empruntés. Au nom de l'emprunteur est jointe l'indication de chacun des ouvrages dont il est le détenteur, avec, s'il y a lieu, le nombre d'exemplaires, notamment de Graduels et Psautiers qui sont en ses mains. Ce nombre est exprimé par autant de traits, qu'on effaçait sans doute, un à un, chaque fois qu'un exemplaiie était rendu. Quand tous les livres sont rentrés, la notice entière est effacée à la pierre ponce afin qu'une autre en prenne la place. L'écriture n'était pas toujours soigneusement effacée, et on en retrouve des traces sur le parchemin ^. A Cluny et sans doute dans la plupart des monastères, un bref était rédigé des livres prêtés au début du Carême aux religieux *.
L'emprunteur mérite souvent la confiance qui lui est faite. Non seulement il restitue le livre mais témoigne sa reconnaissance au prêteur. Le manuscrit lyonnais du IX^ siècle donné à l'église de Lyon par l'évêque Rémi et qui renferme le Com-. mentaire de saint Jérôme sur Isaïe a été lu, au X^ siècle, par un certain Richirannus. Il rend grâce à celui qui lui a prêté cet ouvrage, et pour marquer mieux encore sans doute sa gratitude, enrichit le manuscrit de vers assez barbares au nombre de neuf, comme les livres du Commentaire ^.