FORMATION DE CARTULAIRES
Giiimann à Saint-Vaast copie semblablement les chartes et diplômes qu'il retrouve. De même, les chroniqueurs de Bèze, de Moyenmoutier, de Saint-Bénigne de Dijon, de Saint-Trond, de Flavigny, les auteurs des Gesta des évêques à Toul, Verdun, Cambrai, Auxerre utilisent les pièces conservées dans Varchivum qu'ils ont exploré.
Le souci d'éviter à l'avenir la perte totale des documents précieux, mais combien fragiles, qui constituent leurs titres de propriété, en a fait rassembler de bonne heure les copies dans les recueils dits Cartulaires. Le plus ancien spécimen connu, celui de Wissembourg, date du IX^ siècle. L'usage de former ces collections méthodiques se répand à partir du siècle suivant et sera bientôt adopté partout ^. Le nombre considérable de Cartulaires compilés dès le XI^ ou XII^ siècle dans les archives des églises cathédrales - et des monastères ^ suffit à témoigner de l'abondance des diplômes et chartes du IX^, Xe et XI^ siècles qui y étaient alors conservés et maints recueils plus récents permettent la même constatation. Chaque Cartulaire est un témoin de l'état des archives d'une église au temps où il a été composé. Toutes les pièces conservées à cette date dans Varmarmm qui peuvent établir les droits de cette église y ont été transcrites. A la différence des documents originaux dont il renferme la copie, le Cartulaire, pas plus que les Chroniques, Gesta, Actus, n'appartient plus aux archives ; c'est un livre et il prend place à la bibhothèque. C'est, semble-t-il, le cas du manuscrit du IX^ siècle des « Traditiones Wizenburgenses ». Le Catalogue de la bibliothèque de Saint-Amand du XII^ siècle signale le « Liber privilegiorum ecclesiae sancti Amandi » qui n'est autre que le Cartulaire conservé *.