SCRIPTORIUM I) DU PALAIS DE CHARLEMAGNE
lemagne, Louis le Pieux, Charles le Chauve ^ en particulier, ont été protecteurs des lettres et grands amateurs de livres 2. Un certain nombre de ces livres au moins n'ont-ils pas été écrits dans leur palais ?
Sur un certain nombre de manuscrits, de luxe pour la plupart, une note indique que le livre a été exécufé sur l'ordre du ro' Charles ^ L'un d'eux n^tammnt a été corriï;é, après exécution faite sur soa commandement, par un certain Jacobus, dont le nom se retrouve parmi ceux des notaires de Charlemagne qui ont rédigé ses diplômes ^. Un manuscrit exécuté par Winithar ^, à prendre à la lettre les vers qui le dédient au roi, aurait été corrigé par Charles lui-même ®. Quand dans un livre ayant appartenu à une église une note relate qu'il a été exécuté sur l'ordre du prélat de cette église, on en peut conclure qu'il le fut sous ses yeux, dans le scriptorium de ce'le-ci. Lorsqu'un livre est écrit sur l'ordre du roi, n'est-il pas semblablement exécuté au scriptorium de son palais ? Plusieurs parmi les scribes qui se mettent à l'œuvre sur commandement de Charlemagne, prennent la
i.Hf'ric, clans la préface de la vie de saint Germain que Lothaire, fils de Charles le Chauve et abbé de S. Gennain d'Auxerre, lui a ordonné d'écrire et qu'après la mort t'a celu -ci, il dédie à son père, fait de Charles le Chauve le continuateur de Charlemagne « dum quod ille sopitis eduxit cineribus, vos fomente multiplici tum l^neficiorum, tum auctori;a is, usquequaque provehitis » (Poetae lot., III, 429^ Héric estime que le temps est revenu où « vel philosopharentur reges vel philosophi regnarent » (loc. cit.).
2. Voir plus loin (Section V, Chap. XXV) les collections délivres formées par eu.x.
^ L'an 768, « Carolus rex Franconun hune libellum legis salicae scribere jussit » (Montfaucon, B. Regia, 518g, B. Bibl., II, 755) : en 780, Ac'am a écrit à Worms la Grammaire de Diomèr"e sur l'ordre de Charlcm igne (V^ersus libris saec. VIII adjecti, Poetae lut., I, 93-4) ; en 781, Godescalc exécut'^ l'Évangéliaire dit de Saint-Semin (B. N. nouv. acquis. 1203) sur l'ordre de Charles et d'Hilgarc'e, (7, p. 95). Du odex é rit par Wigbodus, il est dit : « Carolus rex Francorum et Langobardorum hune codicem ad opus suum scribere jussit » (8, p. 95, 97) ; d'un livre de médecine qui a passé au IX*' siècle dans la bibliothèque de Reichenau, que le roi Charles a ordonné de l'écrire et que Jaccjues, son famulus, l'a lu (sans doute corrigé) avec tout son zèle (stilo, animoque), 9, p. 98, cf. p. 88 ; d'un LectionnaLre de Saint-Germain d'Auxerre qu'il a été e.xécuté par le moine Ebrardus sur l'ordre de l'empereur Charles (Tittili sacc. noni ineuntis, 4, Poetae lat., II, 432-3) ; d'un recueil de questions sur Daniel : « quem jussit d*^" rex Carlus (Charles le Chaiive ?) transcribere exauthentico Pétri» (Mart ne, Ampliss. coll., IX, 277); cf. Delisle, Cab. des mss., I, 3-6.