‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 136 sur 1203 · SCRIBES DE PROFESSION · texte numérisé non relu

SCRIBES DE PROFESSION

contre les Huns (in Hunia in exercitu) et a été terminé au monastère de saint Florianus ^.

On signale souvent des personnages vivant en reclus, menant la vie érémitique, qui, dans leur ermitage, se livrent à cette occupation réputée méritoire ; toutefois ils résident et travaillent en général à proximité et sous l'influence d'un monastère ^. Des clercs chapelains d'un gra d personnage ont pu copier des livres pour lui. C'était certainement le cas d'un certain Gerward qui, à sa mort en 814, légua aux moines de Lorsch ses terres sises dans le voisinage de Nimègue avec ses livres au nombre d'une vingtaine dont la liste a été conservée ^. Or l'un de ces volumes qui a subsisté renferme cette note : « liber Gerwardi quem ei scripsit Flotbertus cericus suus » *. Des prêtres d'églises rurales ont pu écrire des livres pour le dominus dont ils desservent l'une des églises. Les famuli qui offrent à Charlemagne des Livres qu'ils ont exécuté? appartenaient peut-être à sa chapelle.

A la fin du X^ siècle, Gerbert écrit qu'en Itahe on trouve partout éparpillés (passim) dans les villes et les campagnes des scriptores ^, qui semblent bien être des scribes de profession et qui vivent des commandes qui leur sont faites. Peutêtre conservent-ils encore en quelque manière la tradition du métier des temps antiques, où des copistes travaillaient pour le compte de libraires, véritables éditeurs d'ouvrages. Tels V antiquarkis Viliaric dans l'officine (statio) duquel fut écrit au VI^ ou VII^ siècle un manuscrit d'Orose en onciale par un scribe qui invite le lecteur à prier pour lui ^, Vantiquarius Théodore, habitant le Palatin, qui a fait corriger le

1. B. Bruxelles, 8216-8, note publiée par Pertz, Archiv., VIII, 81 ; cf. Lindsay Notae lat., p. 448.

2. A Saint-VVandrille, le prêtre Harduin qui menait la vie contemplative dans une cella isolée, a écrit des livres et formé des disciples {Gesta abb. Fonlan., 16, p. 48). Un ms.exécuté poiu- S. Rémi de Reims entre 798 et 800 était l'œuvre du prêtre Lambert qui menait la \ie solitaire (cf. plus loin. Script, de S. Rémi, p. 262); A Rei-.. chenau, Maurat est dit « moine et ermite notre frère » (ms. 48, Holder, p., 538). A Saint-Gall, au X» siècle, Hartker est dit u reclusus » (Stiftsb., ms. 390, f° 11, Scherrer, . P- i:33).

3. Vat. Pal. lat. 1877, fo^ 33-4: « Hos Ubros repperimus in Gannettiass (Gand,, près Nimègue), quos Gerwardus ibidem reliquit et ab inde hUc illos transtulimus » (Lindsay, The Early Lorsch scriptorium, dans PaUteogr. lat., III, p. 11). Cette liste a été ajoutée au i^"' des catalogues de Lorsch.

4. Pal. lat. 234, fo 114 : c Liber Gerwardi quem ei scripsit Flotbertus clericus suus » (Lindsay, loc. cit.).

5. Epist, 130 : « Nosti quot scriptores in urbibus ac in agris Italiae passim habeanr tur » (éd. J. Havet, p. 117).

6. B. Florence Laurent ;; LXV, i : « confectus codex in statione magistri ViUa-, ric antiquarii, ora pro me scribtore, sic dominum habeas protectorem ». Cf. Lindsay, Nota^ lat., B. .457 ;- Wattenbach, Das Schriftwesen, p. 537.

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