‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 140 sur 1203 · TRAITS SIMILAIRES DES « SCRIPTORIA · texte numérisé non relu

TRAITS SIMILAIRES DES « SCRIPTORIA

a exécutés et par là indirectement identifient l'ateMer d'où ils sont sortis, ordinairement celui de l'établissement même ; le plus souvent, ils ne donnent aucune indication sur l'origine des livres que possède l'établissement.

Ces documents sont toujours muets sur les caractères par lesquels l'un ou l'autre atelier a pu, par sa technique et son style, se distinguer des autres. Seuls, les livres qu'à notre connaissance un atelier a certainement exécutés permettent de déterminer les méthodes qui y sont pratiquées, le genre d'écriture, le système d'abréviations, le style d'ornementation familiers à ses scribes et peintres et de se faire quelque idée soit du nombre de ceux-ci, soit de leur quahté, du zèle, de l'activité et du talent qu'ils apportent à leur tâche.

A cet égard, un nombre important de livres exécutés au cours de cette époque, qui sont conservés encore aujourd'hui ou dont les traits caractéristiques nous sont connus, bien qu'ils ne subsistent plus, rendent eux-mêmes témoignage de l'atelier qui les a produits et de l'époque où il les a exécutés. A la vérité, ces témoins qui, en provenance d'un certain nombre de scriptoria, sont relativement nombreux, font presque complètement défaut pour d'autres. Mais, comme il est naturel, ce sont les scriptoria qui ont le plus produit qui, en général, ont laissé derrière eux les traces les mieux accusées.

Les traits caractéristiques des œuvres qui sortent soit d'un même atelier, soit de l'ensemble des scriptoria se modifient d'une époque à une autre. L'évolution des formes de l'écriture a été rapide au cours du dernier tiers du VÏII^ siècle et du premier du IX^ ; celle du style ornemental se poursuit pendant tout le cours du IX^ siècle et encore au X^. Bien qu'en l'un et l'autre ordre, calligraphique et artistique; cette évolution ne soit sensible que dans im certain nombrfe de scriptoria et qu'elle ait été mieux marquée, plus précipitée et plus complète dans l'un ou l'autre, on peut y distinguer des tranches d'ordre chronologique pourvues chacune de caractères propres. ' '

A une époque donnée, les scriptoria présentent certains traits communs. L'emploi des mêmes écritures tend notamment à se répandre, à se généraHser. Une sorte de collaboration, d'émulation s'établit à la fin du'VIIIe siècle et au commencement du IX^ entre les divers ateliers dans larecherche de formes plus simples, plus régulières, plus élégantes. L'une de ces écritures, la minuscule Caroline, qui apparaît définitivement constituée vers Fan 800, s'est implantée partout avant le miheu du IX^ siècle. La création et la propa-

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