SCRIPTORIUM » DE SAINT-CYBAR
l'évêque d'Aiigoulême, Rohon ; les initiales et finales des vers qui en formaient la dédicace donnaient en acrostiche les deux noms d'Adémar et de Rohon ^. D'autres manuscrits ont pu être exécutés par lui, soit à Saint-Cybar, soit à Saint-Martial 2, où il a séjourné pendant les deux années qui précédèrent son voyage à Jérusalem et sa mort ^.
Le moine Adémar n'était pas seul alors à travailler à Saint-Cybar. Une préface ajoutée après coup au Commentaire de Bédé a été écrite par Ramnulfus, dont le nom apparaît encore plus loin *. Une compilation qui renferme de petits poèmes dont Adémar est l'auteur, porte sa souscription ; il est dit non pas qu'Adémar a écrit le livre, mais qu'il a pris soin de le faire écrire (transcribi curavit) ^. Ce livre, dont l'écriture est du reste différente de celle d'Adémar, a été exécuté sous sa direction par des scribes qui travaillaient au même scriptorium. Un certain Hugues qui prie saint Cybar d'avoir pitié de lui est soit l'auteur, soit le copiste des miracles du saint, composés certainement à Saint-Cybar et renfermés dans un manuscrit du X^ et XI^ siècle ^.
Bien que l'activité du scriptorium de Saint-Martial de Limoges ne soit sensible pour nous qu'à partir du X^ siècle, il paraît avoir produit déjà au cours du IX^. Un recueil d'extraits des conciles et des Pères provenant de Saint-Martial est une copie du IX^ siècle d'un manuscrit exécuté en 749 '. C'est très vraisemblablement au scriptorium de Saint-Martial, où a dû parvenir cet archétype, qu'a été faite la transcription.
Les nombreux livres liturgiques à l'usage de Saint-Martial de Limoges, écrits aux X^ et XI^ siècles qui subsistent, sont vraisemblablement sortis du scriptorium de ce monastère *.