‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 158 sur 1203 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Les « scnptoria » bourguignons

L'église de Lyon avait déjà un scriptormm réputé avant l'époque carolingienne ^. C'est vraisemblablement auprès de l'église-mère qu'ont été exécutés la plupart des manuscrits des VI^, VII^ siècles ou du commencement du VIII* qu'elle possédait au IX^ siècle 2. Les études et par conséquent le souci d'exécuter des manuscrits nouveaux ont sans doute périclité dans la première moitié du VIII^ siècle, mais ils prennent certainement un nouvel essor dans le dernier quart de ce siècle et surtout au IX^.

L'archevêque Leidràde écrit à Charlemagne qu'il a travaillé autant qu'il l'a pu à faire écrire des livres dans son église ^. Nous savons que Faustin, qui acheva pour Louis le Pieux, en 811^, dansl? palaib de Chasseneuil le manuscrit de la Genèse, en avait commencé l'exécution à Lyon auprès de

1. Cf. Tafel, The Lyons Scriptorium, dans ia Palaeogiaphia latina de Lindsay, t. IV, p. 40 et suiv. et Lowe, Codices Litgdun. antiquiss., Préf., p. 9 et suiv.

2. M. Lowe (p. 1 1) a établi (cf. plus haut, p. 94, n. 2) trois < ritères qui, à son sentiment, permettent d'attribuer un ms. à un scriptorium. Passant à l'application, il estime 1° que les 22 mss. lyonnais antérieurs auVIII'^ s. qu'il a décrits, à part le saint Augustin sur papyrus (B. N. lat. 11. 64i)provenant de Luxeuiletl'Ancien Testament (n. a. lat. 1740) sorti de l'atelier de Corbie, et qui a pu appartenir à l'église d'Autun avant de parvenir à Lyon (p. 48), répondent à son premier principe (ancien ins. dans un centre plus ancien encore)et peuvent être attribués à l'atelier de Lyon; z° que le ms. d'Eue her, auteur lyonnais (B. X., lat. 9550) et les cinq mss. qui traitent de droit ci^al et canonique (B. N. lat. 9643, Berlin 83 et 159, Munich 22.501, Cologne 212), Lyon étant siège d'une école de droit réputée (?), doivent sortir du scriptorium de Lyon ; 3" que les traits commims qu'on retrouve dans tous ces mss. les assignent à un même centre qui ne peut être que Lyon. Réserve faite sur les deux premiers principes qui sont d'application piuement conjecturale, l'étude attentive des traits paléographiques qu'a faite M. Lowe permet bien de conclure que ces mss. sortent d'un même centre, qui paraît être Lyon. Les annotations et signes critiques du IX« siècle prouvent seulement que ces mss. étaient à cette époque rassemblés dans la collection lyonnaise.

3. Epist. var. 30 : « In libris quoque conscribendis in eadem ecclesia in quantum potui elaboravi » {Epist. Karol. aevi, II, 543).

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