SCRIPTORIUM » DE LUXEUIL
vérité, ne sont pas sortis de l'atelier même de Luxeuil, l'influence des scribes de ce monastère s'étant exercée sur d'autres scriptoria, en particulier sur celui de Corbie, dont ils ont été sans doute les créateurs ^. Vraisemblablement, quelques-uns des manuscrits du IX® siècle qui proviennent du monastère de Luxeuil, y ont été aussi exécutés ^.
Le moine de Luxeuil Angéiolmus y a composé plusieurs ouvrages, avec les encouragements de Drogon, évêque de Metz et abbé de son monastère, entre autres un Commentaire du Cantique des Cantiques que lui avait demandé l'empereur Lothaire, au cours d'un séjour à son palais et qu'il lui a dédié ^. Angéiolmus raconte dans la préface de son Commentaire sur la Genèse qu'ayant entrepris ce travail à la demande d'un certain Léotricus, il l'avait poursuivi en cachette, mais que surpris par le « magister », sans doute le directeur du scriptorium, il a dû lui en donner lecture et l'a achevé avec son approbation *. De même, ayant entrepris de commenter le Livre des Rois, il a écrit en secret son ouvrage « intra domesticos parietes » sans le donner à lire à personne. Mais le premier livre achevé, le secret fut découvert et son abbé Drogon lui fit un devoir de terminer le travail ^.
Il subsiste des témoins de l'activité des copistes de Luxeuil au XI® siècle. En l'an 1004, en onze jours seulement, du 13 au 26 juin, Constantin?, prêtre de Saint-Pierre de Luxeuil a copié pour servir la communauté (ad serviendum ei) la géométrie de Boëce, sur l'ordre du pieux père Milon ^. Gérard, abbé de Luxeuil au XI® siècle a copié et peint un Evangéliaire ' ; ami de la lumière, en échange du livre qu'il offre à saint Pierre, il demande la lumière d'en haut ^.
Addit. 29972, f°8 26-37 + B. Metz, Salis 140. II avait précédemment (Membra disjecta, dans R. Bénéd., 1927, p. 186) signalé déjà des débris de deux mss. du milieu du VIIP siècle en écriture de Luxeuil, l'un, n» 76 qui renfermait les « Moralia in Job » (Londres B. Mus. Addit. 11878 + Paris B. N. lat. 2388), l'autre n" 78, renfermant le li\Te de Job (Vienne B. N. 675 et 1290, feuilles de garde). ,