SCRIPTORIUM )) DE L'ÉGLISE D'AUXERRE
phètes, afin que l'évêque le fasse copier ou l'étudié au plus vite et le lui renvoie. Loup répond à ses questions au sujet des œuvres de Jules César et promet de lui faire envoyer ses Commentaires ^. Cet évêque se proposait évidemment d'en faire exécuter une copie. Un exemplaire de Prudence écrit au IX^ siècle ^ et un manuscrit de la Cité de Dieu ^ ont été donnés par le même évêque à Saint-Étienne. Nous ignorons s'ils ont été exécutés dans le scriptorium de l'église d'Auxerre. L'évêque Wala, dans la seconde moitié du IX*' siècle, lorsqu'il avait connaissance que des livres se trouvaient en quelque endroit, n'avait point de repos qu'il ne les eut fait venir à Auxerre *. Cette observation du chroniqueur donne à penser que la collection personnelle de livres formée par ce prélat ou l'enrichissement qu'il a procuré à la bibliothèque de son église, provenaient surtout d'apports étrangers ; mais comme Wala vivait familièrement avec des « magistri litterarum » et que deux d'entre eux ont écrit sa vie ^, il y a lieu de penser que le scriptorium de l'église était actif en son temps et contribuait aux accroissements de la bibliothèque de la cathédrale.
De l'activité de ce sariptoriiim témoigne aussi la rédaction qui y fut faite des Gesta des évêques d'Auxerre. L'œuvre fut commencée à la fin du IX^ siècle par deux chanoines, lumières de leur coUegium, aidés par le moine de Saint-Germain Héric ; au XP siècle, elle fut continuée, évidemment par des clercs de la même église. L'ouvrage ne nous est conservé que par une copie du XII^ siècle ^ ; mais celle-ci a été évidemment exécutée sur le manuscrit original du scriptorium de Saint- Étienne.
Le scriptorium de Saint-Germain d'Auxerre n'était pas moins fécond. On a conservé l'inscription dédicatoire d'un