SCRIPTORIUM » DE FERRIÈRES
Lantramnus les fera copier et les lui renverra aussitôt i. Si Loup dispose d'un scriptorium dans la cella de Saint- Josse, simple dépendance de son monastère, il faisait sûrement aussi et davantage travailler des scribes à Ferrières.
Averti sans doute par Einhard de la présence au monastère de Fulda d'un manuscrit de Suétone, il en a demandé l'envoi à Ferrières 2. Une copie faite à Fulda de l'archétype lui fut adressée, qu'il s'empressa de reproduire. C'est de cette copie exécutée par ses soins que procèdent tous les manuscrits français de Suétone ^. C'est peut-être aussi à Ferrières qu'avec Haimon,Loup dictait àson disciple Héric des extraits de Valère Maxime, de Suétone et autres auteurs profanes ou sacrés, destinés évidemment à l'enseignement et qu'Héric offrit à l'évêque de Soissons Hildebold *. Un manuscrit en provenance de Laon renferme des « metra » de Boëce, recueil qui fut composé aussi par Loup en vue de l'enseignement ^.
Loup a écrit et annoté des manuscrits en dehors du scriptorium de Ferrières. Nous savons que pendant son séjour à Fulda, il a copié les Lois des Francs et des Ripuaires pour le comte Everard, l'a orné d'illustrations et d'une dédicace en vers ^, qu'avec l'aide de Gérolf, il a corrigé un manuscrit de Raban Maur sur les Nombres ^. Mais c'est probablement à Ferrières qu'a été exécutée la plus grande part de son œuvre de scribe, de correcteur et d'annotateur.
C'est là sans doute qu'il a copié entièrement et corrigé de sa main le « De oratore » de Cicéron ^ en belle minuscule Caroline, avec quelques irrégularités qui témoignent de la hâte avec laquelle a été exécuté cet ouvrage ^. Un manuscrit de Valère Maxime a été revisé par lui ; on reconnaît son écriture dans les notes marginales et interlinéaires. En outre, une colonne entière du manuscrit est de sa main 1". Dans un manus-