‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 234 sur 1203 · BIBLES ET ÉVANGILES TOURANGEAUX · texte numérisé non relu

BIBLES ET ÉVANGILES TOURANGEAUX

grand nombre de manuscrits. Combien sont perdus sans doute et devraient être ajoutés à ceux qui sont conservés et qui représentent déjà un chiffre considérable ^ !

La production en livres de luxe des Saintes Écritures est particulièrement importante. Il subsiste en tout ou en partie une trentaine de Bibles "^ et autant d'exemplaires des Évangiles ^, exécutés pour la plupart à Tours ou du moins produits sous l'influence de l'école. Ces livres sont le plus souvent apparentés les uns aux autres à la fois par les leçons qu'ils renferment et qui les rattachent au texte d'Alcuin, par leurs caractères paléographiques et par leur style ornemental.

Leur nombre même est une preuve que l'atelier de Saint- Martin travaillait à cet égard pour le dehors. Les monastères de Saint-Martin et de Marmoutier n'avaient évidemment pas besoin d'un tel nombre de Bibles et d'Évangiles de luxe. La plupart ne sont pas restés dans les églises de Touraine et ne leur étaient pas destinés. Plusieurs ont été offerts à des rois ou commandés par eux. Nous savons que des grands personnages, Arnaldus, le comte Rorigon ont fait exécuter à Tours des Évangiles illustrés ou en ont été les premiers propriétaires. Maintes églises sans doute devaient leurs Bibles et Évangiles à ce scriptorium célèbre.

On a remarqué que s'il est possible de classer chronologiquement ces manuscrits d'après les progrès ou les reculs de l'art calligraphique ou ornemental *, on ne saurait, malgré le grand nombre des Bibles et Évangiles tourangeaux, en dresser d'après les indications textuelles l'arbre généalogique. Ils n'ont pas été copiés l'un sur l'autre. Les modèles étaient sans doute constitués par un certain nombre d'exemplaires défraîchis et ne servant qu'à cet usage, corrigés et raturés assez diversement. Les livres commandés à l'avance étaient livrés, sitôt achevés ; ceux qui n'avaient pas un propriétaire avant même d'être commencés, partaient sans doute aussi dès qu'ils étaient terminés, la demande dépassant toujours l'activité, si grande fût-elle, des scribes de Saint-Martin.

C'est surtout pour obtenir des textes magnifiques de l'Écriture Sainte qu'on s'adressait à cet atelier réputé. La révision

1. Sior les 231 mss. étudiés par Rand dans A survey of the mss. of Tours, 23 sont antérieurs au IX« siècle, 158 (n» 24-181) appartiennent au IX« siècle ; cinquante aux trois siècles suivants. Toutefois, un certain nombre de ces mss. sont seulement apparentés à l'école et ne sortent pas des scriptoria de Tours .

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