DISPERSION DES LIVRES EXÉCUTÉS A TOURS
Aucun autre scriptorium n'a plus largement éparpillé dans toutes les directions les œuvres qu'il a produites. La dispersion actuelle de ces manuscrits dans tous les dépôts d'Europe et même d'Amérique continue et figure celle qui les répandait déjà aux IX^ et X® siècles dans toute la chrétienté occidentale. Une miniature de la Bible de Vivien -\ chef-d'œuvre de l'école de Tours, exprime assez bien, à l'insu de l'artiste, ce qu'on est tenté d'appeler le rôle de maison d'édition tenu alors par le monastère de Saint-Martin. Saint Jérôme y est représenté puisant dans deux grands coffres les livres traduits par lui et dont il fait la distribution -. De chaque main il tend un livre à l'heureux bénéficiaire. Déjà servis, deux personnages emportent un gros livre, sans doute une Bible en un seul volume qu'ils tiennent à deux mains. Deux autres ont chargé le lourd bagage sur leur dos et entrent à l'intérieur d'une construction, qui semble être une basilique ou une maison d'habitation. Le scriptorium de Tours a fourni de la même manière aux besoins d'un grand nombre de rois, de personnages de qualité ^, d'églises épiscopales et de monastères *, qui ont possédé dans leurs collections des manuscrits de provenance tourangelle. Non seulement, on s'adresse à l'atelier de Saint-Martin pour les procurer à soi-même ou à des églises à qui on veut faire un présent de prix, mais les livres qu'on veut offrir à saint Martin lui-même sont commandés parfois à son propre scriptorium ^.
khain 387), le « De amuitia » ? (Berlin, lat. Q, 204), la Rhétorique et portion des Verrines (B. N. 7774), le codex Meinniianus de Suétone (B. N. lat. 6115), un Lucain (lat. 7502), un Térence du XII^ siècle (B. Tours, ms. 924), un Serv'ius sur Virgile (B. N. lat. 7039), un Aethicus (I.eyde Voss.lat. F. 113), l'Apicius du Vatican, un Prudence (B. Tours, ms. 887), le « De musica » de s. Augustin (Tours 286), un li\Te de gloses (Tours 850).