‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 263 sur 1203 · SACRAMENTAIRE DE L'ABBÉ RAINAUD · texte numérisé non relu

SACRAMENTAIRE DE L'ABBÉ RAINAUD

L'enluminure tourangelle sous l'abbé Vivien

A la fin de 843, l'abbaye de Marmoutier fut attribuée à Rainaud et celle de Saint-Martin à son frère le comte Vivien , qui réunit en ses mains, comme l'avait fait Adalhard, les deux abbayes à partir de 846 ^. L'école de Tours produit alors ses chefs-d'œuvres ; le terme de cette période d'apogée est d'ailleurs atteint non en 851, date où meurt le comte Vivien, mais en 853, à l'heure où les deux monastères sont brûlés par les Normands

Le Sacramentaire, qui dès le XI^ siècle était la propriété de l'église d'Autun ^, a été certainement exécuté pour le monastère de Marmoutier, entre 844 et 846, au temps où il était gouverné par l'abbé Rainaud. Dans un grand médaillon qui, avec quatre autres petits, remplit un cadre de feuillages, apparaît en haut d'un bâtiment, formé d'une série d'arcades, la silhouette d'un abbé, qui bénit une foule d'hommes prosternés ^. Sous les arcades sont placées les lettres qui forment l'inscription « Raganaldus abba 0. On en a généralement conclu que le manuscrit a été exécuté non seulement pour ce monastère, mais à Marmoutier même, tant il paraît naturel que l'artiste qui a représenté ce prélat, ait été l'un de ses religieux ^. Il est permis pourtant d'hésiter sur le lieu d'exécution, qui ne peut être d'ailleurs que Marmoutier ou Saint-Martin. La messe du saint est insérée à la place qui lui appartient dans un Sacramentaire grégorien ; mais elle est mise en relief par l'emploi d'onciales d'or ^ et ce soin a pu être pris dans l'un ou l'autre monastère. Parmi les messes étrangères au Missel grégorien figure celle de la translation du corps de saint Martin, de son sacre épiscopal et de la dédicace de son église ^, messe qui est

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