Gesta, 13, p
200 « SCRIPTORIA !) DE SAINT-WANDRILLE, JUMIÈGES, FECAMP
nombre ont été exécutés au scriptoriiim du monastère. Nous sommes certains que l'un d'eux, un exemplaire de luxe des Évangiles, fut écrit sous ses yeux. L'historiographe rapporte en effet qu'Anségise a ordonné d'écrire en lettres d'or romaines sur parchemin pourpré les quatre Évangiles ; il put achever ceux de saint Mathieu, de saint Jean et de saint Luc, mais sa mort laissa l'ouvrage inachevé. C'est vraisemblablement aussi au monastère, qu'il ordonna d'écrire semblablement un Lectionnaire et un Antiphonaire de luxe ^.
Les Gesta ahhatiim Fontanellensiiim, qui témoignent ainsi de l'activité du scriptorium à la fin du VHP et au commencement du IX^ siècle, ont été composés peu après la mort d'Anségise, entre 834 et 845 2. Le manuscrit original fut sans doute emporté par les moines lorsqu'ils s'enfuirent pour échapper aux Normands, et finalement parvint à Gand où, semblet-il, furent exécutées toutes les copies qui nous sont parvenues ^.
Reconstitué seulement vers le milieu du X^ siècle, sur son ancien site, le monastère de Saint-Wandrille eut de nouveau un scriptorium actif. Un Sacramentaire y fut exécuté, dans la première moitié du XI^, par le moine Guillaume ^. Il renferme une oraison « ad libros benedicendos », qui valait sans doute surtout pour les li\Tes exécutés au monastère, mais aussi pour ceux qui venaient du dehors et qui recevaient cette bénédiction avant d'être mis en usage.
C'est au scriptorium du monastère de Jumièges que Guillaume écrivit, sans doute vers 1070, l'Histoire des Normands qu'il dédia à Guillaume le Conquérant ^.
Du scriptorium du monastère de Fécamp est peut-être sorti le manuscrit du IX^ siècle renfermant le « De temporum ratione » de Bédé. Il a été écrit '< summo labore » par l'indigne diacre Hardinus ^.