SCRIBES DE CORBIE AU IX^ SIÈCLE
chronologiques se rapportent au règne de Lothaire II i. Vers 880, l'abbé Angilbert fit copier un ouvrage de saint Aut^ustin et dédia ce manuscrit à Louis, frère de Carloman 2. La vie et les miracles de saint Sébastien ont été copiés par deux scribes. L'un, du nom d'Hildebrand écrit au IX^ siècle, l'autre le moine Gundacrus au X^ 3. Vraisemblablement, à ces productions certaines du scriptorium de Corbie s'ajoutent le plus grand nombre des manuscrits exécutés dans la seconde moitié du IX^ siècle que possédait la bibliothèque du monastère ^.
Au scriptorium de Corbie ont été écrites de la main de l'auteur ou mises au net d'après ses notes maintes compositions originales. Il n'est pas douteux que Paschase Radbert n'y ait composé la vie de Wala et ses œuvres doctrinales. Adalhard fit écrire vraisemblablement dans cet atelier les Statuts dont une portion s'est conservée, mais dont le manuscrit original est perdu ; les deux manuscrits du X^ siècle qui les conservent et les diverses notes insérées dans l'un d'eux ont évidemment été copiés dans le scriptorium ^. Au temps de Charles le Chauve, Ratramne a travaillé aussi au scriptorium corbéien. Son opuscule sur la nature de l'âme a été sans doute dédié à ce roi en réponse à une question du monarque s'informant de l'enseignement traditionnel sur ce point ^.
L'activité du scriptorium de Corbie paraît s'être ralentie au Xe siècle. Toutefois, le monastère disposait encore d'une équipe de scribes, dont quelques-uns sont connus et qui travaillèrent au service d'abbés ou de bibliothécaires de cette époque. A un Sacramentaire exécuté pour le monastère Saint-Vaast d'Arras et sans doute dans le scriptorium de ce monastère a été ajouté un calendrier qui renferme diverses mentions relatives à Corbie et témoigne que le livre a. été accommodé à l'usage de l'église Saint-Pierre au temps de l'abbé Ratold, lequel, à en croire une note insérée en place
1. B. N. lat. 11.532-3 ; cf. S Berger, H. Vulgate, p. 105 et 108.
2. « Hune abbas humilis jussit fabricari libellum Angilbertus enim vijis et exiguus». B. N. lat. 13359 ; cf. Delisle, Recherches, p. 406 et Cab. des tnss., I, 6; II, 114 ; Mabillon, De re diplotn., tab. XI.