‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 347 sur 1203 · SCRIBES DE SAINT-VAAST D'ARRAS AU XI^ SIÈCLE · texte numérisé non relu

SCRIBES DE SAINT-VAAST D'ARRAS AU XI^ SIÈCLE

d'atelier destinées à être effacées après assemblage ^ Les noms sont écrits en petites capitales, ornées parfois d'un point rouge ou vert, comme les initiales du texte ; le changement de mains est signalé non pas seulement en fin ou au commencement des cahiers, mais à des feuillets intermédiaires, une fois même en marge de l'un des folios et à la ligne précise où s'opère la substitution d'une main à l'autre. Éloge est fait de l'un des copistes proclamé scribe excellent. Ces inscriptions sont apposées par conséquent à demeure par un chef d'atelier ou un relieur qui a tenu à rendre hommage aux exécutants.

Le moine Albert, qui avait commencé l'exécution de ce manuscrit, a été aussi le scribe unique d'un manuscrit de luxe des Miracles de saint Vaast, soigneusement calligraphié, puis enluminé ^. Le décorateur, ornant le sixième foho d'un fond d'entrelacs a inscrit parmi eux en caractères d'or « Albertus scripsit ». Sa belle écriture, bien reconnaissable d'un manuscrit à l'autre, méritait sans doute l'honneur qui lui fut fait. C'est probablement pour fournir un modèle aux autres exécutants qu'il avait été invité à écrire le premier cahier du manuscrit de Réginon.

Le nom d'Alard, l'un des neuf scribes de ce manuscrit, se retrouve sur un exemplaire des Confessions de saint Augustin ^. Dans une pièce de vers en tête du manuscrit, Alard fait offrande à saint Vaast du livre, en même temps que de sa personne. L'écriture de ce manuscrit ne paraît pas en tout semblable à celle d'Alard dans le manuscrit de Réginon. Ou bien, Alard a eu deux manières, ou deux religieux du même nom ont travaillé dans l'atelier à diverses dates du XP siècle. Une miniature d'un Livre des Évangiles également du XP siècle représente un religieux offrant son livre à saint Vaast ; au-dessus du personnage est écrit son nom : Guntfrédus *. Le moine Rodolphe qui a copié le Commentaire de saint Jérôme

1. Ces inscriptions servent aussi à l'assemblage ; la plupart des changements de main se fait à la fin d'un « quaternio » comme on le voit à la note précédente par la numérotation des feuillets, chaque cahier se terminant au multiple de 8. Quand le scribe écrit des cahiers qui se suivent, l'inscription : un tel a écrit, est répartie entre le verso du dernier folio et le recto du premier folio du cahier suivant ; des séries de lettres apposées en fin de cahier et au début d'un autre constituent sans doute des marques d'assemblage supplémentaires.

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