SCRIPTORIUM » NOTRE-DAME DE CAMBRAI
(831-863), fut écrit par plusieurs scribes un manuscrit renfermant un glossaire et une collection de canons^. Ce manuscrit, qui appartint plus tard à Notre-Dame de Laon, porte la dédicace qu'en fit Thierry au monastère cambraisien de Saint-Aubert -. Le recueil de canons empruntés à des textes conciliaires des vingt premières années du IX^ siècle, paraît avoir été composé par Thierry avant 819, alors qu'il n'était pas encore évêque de Cambrai ^. Un autre manuscrit du IX** siècle, qui renferme la même collection, et qui a appartenu aux moines de Corbie *, contient en outre des vers en l'honneur d'Hildoard, acrostiche que lui a dédié un certain Dungalus, qu'il faut sans doute identifier avec Dungal le scot ^. Le texte de la collection de canons est plus complet dans ce second manuscrit, qui évidemment n'a pas été copié sur le premier ^. Il est vraisemblable qu'il a été exécuté lui aussi à Cambrai ou qu'il dépend d'un archétype cambraisien '^. Les deux mêmes manuscrits renferment en outre une pièce, à peu près exclusivement composée de textes scripturaires et qui avait peut-être un objet politique. Elle aurait été fabriquée, vers 841, au cours de la guerre fratricide, par un partisan de Lothaire, qui serait l'évêque de Cambrai, Thierry ^. Il semble bien dans tous les cas que le recueil a été composé et que les manuscrits qui le conservent ont été exécutés à Cambrai.
Le diacre Foulques a copié l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe sur l'ordre de l'évêque Rothard ^, mort en 886.
Un exemplaire des Évangiles ^" et un Sacramentaire ^^ du IX^ siècle, provenant de l'église de Cambrai, figurent l'un et l'autre parmi les belles œuvres où se reconnaît la manière de l'école franco-saxonne. Si la preuve était faite qu'ils sont sortis du scriptorium cambraisien, on en devrait conclure que celui-ci appartient au groupe d'ateliers dont les artistes ont
1. B. Laon, 201 ; cf. Lindsay, Notae lat., p. 459, Finstenvalder, Einé parteipolitische Kundgebung, N. Archiv., XLVII, p. 412.