SCRIPTORIUM » DE SAINT-THIERRY
paraît indiquer soit que ce livre a été apporté à Saint-Remi par Richer, soit qu'il y a été écrit par ses soins i.
Le monastère Saint-Thierry a vraisemblablement possédé aussi un scriptorium. Les Évangiles de luxe, que possédait ce monastère, lui ont été donnés par l'abbé Hincmar 2, qui paraît bien être l'archevêque, abbé de ce monastère épiscopal. Le livre, décoré suivant le style de l'école rémoise ^, est sorti de Vxm ou l'autre des scriptoria dont disposait l'archevêque de Reims. Il a pu le donner au monastère même, où il l'avait fait exécuter. Le Sacramentaire du IX^ siècle, qu'a possédé Saint-Thierry, avait été exécuté à l'usage de l'église de Noyon et par conséquent ailleurs que dans le scriptorium du monastère ; mais des foUos l'adaptant à l'usage de Saint-Thierry y ont été ajoutés à la fin du IX^ siècle *. Au X^ siècle, un autre Sacramentaire qui dérive en partie de celui-là, a été certainement exécuté à l'usage du même monastère, probablement après 976 et à Saint-Thierry ^ Un manuscrit du même âge a été donné au monastère par le prêtre Odelricus, qui est, peut-être, l'Odolricus, prévôt et chanoine, bienfaiteur aussi de la bibhothèque de Notre-Dame de Reims *. Un Sacramentaire à l'usage de Saint-Thierry de la fin du X^ siècle, renferme une formule de prière, employée par Jean VIII pour la bénédiction de Louis le Bègue,à Troyes en 878, et dérive, par conséquent, d'im prototype du IXe siècle'. Nous n'avons pas, à la vérité, la certitude qu'aucun de ces manuscrits ait été exécuté à Saint-Thierry.
Le scriptorium d'Hautvilliers a joué un rôle important dans la caUigraphie et la miniature rémoises du IX^ siècle. Les Évangiles de l'archevêque Ebbon qui subsistent en prove-
1. B. N. lat. 4789 : « Liber sancti Remigii studio... n... ris richer... » ; cf. Pertz, loc. cit.
2. B. Reims, ms. 7. Ce ms. de grand luxe renferme les 4 Évangiles, puis fo 165- 173 la distribution des Évangiles du cycle liturgique ; il constitue par conséquent aussi un Évangéliaire de chœur. A plusieurs reprises est inscrite en écriture contemporaine la mention « Hincmarus abba dédit sancto Theoderico » (Loriquet, p. 9).