ÉCRITURE RHÉTIQUE PRATIQUÉE A SAINT-GALL
tié du IX^ siècle, que conserve la bibliothèque de Saint-GalP, sont caractérisés par la calligraphie, désignée sous le nom général d'écriture rhétique ^ bien que, souvent, ils se distinguent les uns des autres par des traits particuHers, notamment par les éléments cursifs, plus ou moins nombreux, que retient l'écriture. En y comprenant ceux où Winithar et ses collaborateurs ont mis la main, une trentaine des manuscrits du monastère présentent les caractères de cette calligraphie, dont le plein épanouissement se produit autour de l'an 800 ^. Belle et régulière, peu chargée de ligatures, elle se distingue par ses formes larges et arrondies. Comme toutes les autres écritures contemporaines, qui marquent un progrès sur les écritures antérieures, elle sera dépassée et remplacée par la minuscule Caroline *.
Pratiquée certainement à Saint-Gall dans la seconde moitié du Ville siècle, puisqu'elle est celle de Winithar et de ses compagnons, l'écriture rhétique n'est pas particulière à ce scriptorium et ne suffit pas à prouver qu'un manuscrit en est sorti. Il faut, peut-être en chercher l'origine près de l'égHse de Coire et le scriptorium de celle-ci a pu être un centre de diffusion de cette calligraphie ^, employée, peut-être aussi, à Constance et à Reichenau ^. Vraisemblablement, quelquesuns des manuscrits d'écriture rhétique possédés par Saint- Gall ont été exécutés à Coire \ mais le plus grand nombre sont sortis du scriptorium du monastère ^.
Aux environs de l'an 800, Saint-Gall dispose par conséquent d'un atelier où les moines écrivent à la fois des chartes et des livres. Mais dans ce monastère jusque là peu florissant, qui n'a pu encore à cette date s'émanciper vis-à-vis des évêques
1. Sur les quarante inss. étudiés par Lôffler (p. ii), à part les huit premiers qui sont d'éi riturc insulaire, tous les autres appartiennent à la catégorie des mss. exécutés en écriture rhétique.
2. Lofflsr, loc. cit. L'ancienne minuscule de S. Gall serait, suivant Lehmann, une écriture de transition sortie de l'écriture du Nord de l'Italie et influencée par l'écriture Caroline; cf. Weinberger, Bibl. der latein. Buchschr., dans Palaeogr. lat.,U, 93.